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PLFI 2027: Le FRAPP dénonce un budget dnaustérité au service du FMI et des créanciers

Dans un communiqué publié hier, le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (FRAPP) critique les orientations du Projet de loi de finances initiale (PLFI) 2027. Le mouvement dénonce une réduction des investissements publics, le poids croissant de la dette et une réforme des subventions à lénergie dont il conteste les modalités. Il réclame un audit citoyen de la dette et interpelle le gouvernement sur la monnaie unique ECO.

Le Projet de loi de finances initiale (PLFI) 2027 suscite de vives critiques du Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (FRAPP). Dans un communiqué publié hier, le mouvement estime que ce texte « confirme clairement le cap vers laustérité budgétaire, dans le prolongement des engagements pris auprès du Fonds monétaire international (FMI) ».
Selon ses responsables, cette orientation était déjà perceptible dans le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. « Le projet de budget 2027 vient désormais confirmer cette trajectoire », affirment-ils.

Des coupes dans les investissements publics
Pour étayer son analyse, le FRAPP avance plusieurs chiffres. Selon le communiqué, les recettes du budget général diminueraient de 278,26 milliards de FCFA par rapport au budget initial de 2026, tandis que les dépenses reculeraient de 171,6 milliards. Les dépenses dinvestissement subiraient, quant à elles, une baisse de 792,1 milliards de FCFA. Le mouvement souligne quaprès une première réduction de 555 milliards de FCFA prévue dans le PLFR 2026, le gouvernement poursuit sa politique de compression des investissements publics. « Il sagit clairement de faire supporter aux populations le coût des engagements pris auprès du FMI », accuse-t-il.
Le FRAPP conteste également largument dun recentrage des investissements sur les projets à fort impact économique et social. Il rappelle que les autorités affirmaient, dès 2024, avoir procédé à une sélection des projets selon ces mêmes critères. Pour ses responsables, cet argument ne saurait donc justifier de nouvelles coupes. « La réalité est que les populations seront privées de 792,1 milliards de FCFA de projets et de réalisations qui auraient pu contribuer à améliorer leurs conditions de vie », alertent-ils. Leur appréciation du texte est sévère : « Au final, le PLFI 2027 apparaît comme un tableur Excel programmé autour de laustérité et des équilibres néoclassiques traditionnels, avec pour priorité la satisfaction des exigences du FMI et des créanciers, au détriment des intérêts vitaux des populations ».

Subventions à lénergie : le mouvement réclame de la transparence
Le FRAPP relève également dans le PLFI 2027 un engagement à ramener le coût annuel des subventions à lénergie à un maximum de 1% du produit intérieur brut (PIB). Selon sa lecture du document, le gouvernement entend poursuivre la réduction progressive des subventions généralisées au profit dun mécanisme de ciblage. Le mouvement dénonce « cette recette standard du FMI, dont les conséquences sociales ont déjà été largement observées dans plusieurs pays du Sud ». Il déplore surtout labsence, à ses yeux, dinformations suffisantes sur les fondements et les modalités de cette réforme.
« À ce jour, aucun travail scientifique rigoureux sur les subventions na été communiqué aux citoyens. Aucune stratégie précise ne permet non plus de comprendre les modalités dapplication du ciblage, ses critères et les garanties offertes aux populations. On ne peut pas engager une réforme aussi sensible sans transparence ni véritable débat public », soutiennent les auteurs du communiqué.

Un audit citoyen de la dette exigé
Pour le FRAPP, les orientations budgétaires répondent aussi à limpératif du remboursement de la dette. Daprès les chiffres quil présente, les intérêts et commissions sur la dette augmenteraient de 113,3 milliards de FCFA par rapport au budget initial de 2026, pour atteindre 1 303,9 milliards. Cette somme représenterait près de 24% des recettes du budget général hors dons, contre un seuil de référence de 19% qualifié de critique par le mouvement. Selon sa comparaison, les intérêts et commissions sur la dette pèseraient près de quatre fois le budget de la Santé.
Le remboursement du principal, estimé à 4 552 milliards de FCFA, représenterait, pour sa part, 68,9% des besoins de financement de lannée 2027. « Ces chiffres illustrent le poids devenu insoutenable de la dette sur les finances publiques sénégalaises », estime le FRAPP. Face à cette situation, le mouvement réitère son appel à la mise en place dun comité daudit citoyen de la dette. « Le Sénégal doit prendre le temps dexaminer en profondeur la question de la dette et de formuler des recommandations pour sortir durablement de cette crise », plaide-t-il. À ses yeux, cet audit devient « une nécessité vitale pour la survie de léconomie sénégalaise ».
Le FRAPP considère par ailleurs que le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) ne constitue pas une solution miracle. Selon lui, les partenaires financiers cherchent avant tout à sécuriser leurs intérêts et à garantir le remboursement de leurs créances. « Le Sénégal doit pouvoir définir souverainement ses propres pistes de sortie de crise », recommande le mouvement.

LECO, autre sujet dinterpellation
Le communiqué soulève enfin la question de la monnaie unique ECO. Le FRAPP déplore que le PLFI 2027 ne fasse aucune mention de la décision de lancement en 2027 quil attribue au sommet de la CEDEAO du 19 juillet 2026, tenu en Sierra Leone.
À lapproche de cette échéance annoncée, le mouvement regrette labsence dindications sur la position du Sénégal et sur les dispositions envisagées pour préparer le pays. Il invite les députés à interpeller le gouvernement sur les implications budgétaires et institutionnelles dun éventuel lancement de lECO, ainsi que sur le calendrier de concertation avec la CEDEAO.
« La monnaie doit devenir une question centrale du débat public, particulièrement dans ce contexte de crise de la dette qui révèle nos vulnérabilités liées à labsence de véritables leviers monétaires », conclut le FRAPP.

Mamadou Lamine CAMARA