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REJET DU PLFR 2026: Léna Sène alerte sur le prix économique et social du blocage

Dans une tribune consacrée au rejet du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, Léna Sène met en garde contre les conséquences dune impasse institutionnelle prolongée. La présidente-directrice générale de DCA Africa, également membre fondatrice du parti KIIRAAY-Les Patriotes Républicains, appelle au dialogue pour préserver les entreprises, les investissements et les dépenses sociales.

Qui paiera le prix du blocage budgétaire ? Pour Léna Sène, les conséquences pourraient dépasser largement les rapports entre lexécutif et le Parlement. Dans sa tribune, elle estime que le rejet du PLFR 2026 par lAssemblée nationale, le 3 novembre, constitue « un signal préoccupant pour lavenir économique et social du Sénégal ».
Elle reconnaît la légitimité des interrogations parlementaires sur la sincérité des prévisions budgétaires. Elle rappelle toutefois que « le rejet dun texte budgétaire ne saurait, à lui seul, constituer une réponse aux difficultés économiques du pays ».
Pour illustrer les tensions financières, elle cite les ajustements inscrits dans le projet rejeté : un déficit porté à 7,6% du PIB, contre 5,4% initialement, des recettes du budget général ramenées à 5 516,7 milliards de FCFA et des dépenses estimées à 7 251,9 milliards. Les subventions énergétiques devaient, selon les chiffres quelle reprend, atteindre 790,3 milliards de FCFA.

Les entreprises exposées aux tensions de trésorerie
Léna Sène souligne que le rejet du PLFR « ne signifie pas un arrêt automatique des dépenses publiques ». Il prive néanmoins le gouvernement de lapprobation des ajustements proposés et pourrait, selon elle, compliquer la gestion de la trésorerie, le financement de certains investissements et le règlement des créances des entreprises prestataires de lÉtat.
Elle redoute un « effet en chaîne sur lactivité : difficultés de trésorerie des PME, ralentissement des chantiers, fragilisation des sous-traitants et tensions sur lemploi. Dans une économie où la commande publique occupe une place importante, ces répercussions pourraient rapidement atteindre les ménages ».
La dirigeante de DCA Africa sinquiète également du signal envoyé aux investisseurs. « Les investisseurs recherchent trois éléments fondamentaux : la transparence, la stabilité et la prévisibilité », écrit-elle. Une incertitude institutionnelle durable pourrait, à ses yeux, retarder les décisions dinvestissement et renchérir les conditions de financement.

Un risque pour la confiance des partenaires
La tribune évoque aussi les discussions avec le Fonds monétaire international. Léna Sène rappelle laccord au niveau des services obtenu en septembre 2026 pour un programme de 36 mois, denviron 2,2 milliards de dollars avec le FMI, encore soumis à approbation et aux conditions convenues.
Sans considérer ce programme comme « compromis », elle estime qu« un blocage prolongé pourrait compliquer le processus et affecter la confiance des partenaires financiers dans la cohérence du cadre budgétaire ».
Mais sa principale préoccupation concerne les populations. « Santé, éducation, agriculture, emploi et protection sociale pourraient subir les effets de tensions persistantes sur les financements publics », prévient-elle.

Un appel au compromis
Pour sortir de limpasse, Léna Sène propose trois priorités : « rétablir le dialogue institutionnel, protéger les dépenses sociales et les investissements productifs, puis accélérer la mobilisation de financements privés et alternatifs ».
Elle invite le gouvernement à « répondre aux préoccupations des députés par des données vérifiables et des propositions crédibles ». Elle appelle parallèlement à un « contrôle parlementaire permettant de dégager une issue ».
« Le Sénégal na pas besoin dune victoire politique de lexécutif sur le Parlement, ni dune victoire parlementaire sur le gouvernement. Il a besoin dun compromis économique au service de lintérêt général », soutient-elle. Un appel quelle formule à titre personnel, en rappelant que la stabilité économique relève dune « responsabilité collective ».

Abdoulaye DIAO