JEUX OLYMPIQUES DE LA JEUNESSE « DAKAR 2026 »: À Saly, les volontaires font vivre les Jeux en coulisses
En jaune et orange, les volontaires accompagnent les athlètes et les spectateurs sur les sites des Jeux olympiques de la jeunesse à Saly. Fiers de participer au premier événement olympique organisé en Afrique, Alpha Souleymane Diack et Mouhamed Moussa Fall dressent un bilan positif de lorganisation. Le second plaide toutefois pour une meilleure circulation de linformation et une plus grande mobilisation des élèves.
Depuis louverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) « Dakar 2026 », le 31 octobre dernier, Saly vit au rythme des compétitions. À larrêt des navettes, Alpha Souleymane Diack attend le bus qui le ramènera chez lui. Encore vêtu de sa tenue jaune et orange, cet étudiant de 22 ans, originaire de Saly, raconte sa fierté de prendre part à lévénement.
Étudiant en langues étrangères appliquées à lUniversité Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Alpha a rejoint le service linguistique après sêtre inscrit et avoir passé la sélection. Il intervient en français, en anglais et en arabe pour faciliter les échanges. Sa mission consiste notamment à aider les athlètes qui ne parlent ni français ni anglais à obtenir les renseignements dont ils ont besoin. Le jeune homme voit dans cet engagement loccasion de mettre ses compétences en pratique et dacquérir une expérience internationale. Interrogé sur lorganisation et les équipements à Saly, il se dit satisfait. « Cest parfait pour moi », résume-t-il.
Des informations parfois tardives
À Saly West Beach, Mouhamed Moussa Fall, 36 ans, prête main-forte au service chargé des événements. Juriste de formation, il travaille à la Cour suprême. Lorsquil a appris sa sélection en juillet, il a décalé ses congés pour se rendre disponible pendant les Jeux. Il voulait apporter son expérience, apprendre au contact des équipes et participer à un rendez-vous quil juge historique. Lexpérience lui donne déjà envie de postuler comme volontaire aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
Sil estime que les opérations se déroulent bien dans lensemble et souligne la présence des volontaires sur les sites, Mouhamed Moussa Fall relève des difficultés dans la circulation de linformation. Certaines consignes, explique-t-il, leur sont parvenues tardivement. Il souhaite que les informations soient centralisées et diffusées plus tôt, par davantage de canaux.
Des élèves encore trop peu nombreux
Le volontaire regrette aussi la faible présence des élèves de la localité, alors que les épreuves se déroulent près de chez eux. « Les élèves auraient pu être beaucoup plus nombreux, puisque lévénement est proche de chez eux », observe-t-il. Il estime que les établissements scolaires auraient pu être davantage associés aux Jeux.
Laccès aux sites constitue une autre difficulté, selon lui. Des spectateurs ont sollicité les volontaires pour savoir comment rejoindre les lieux de compétition en raison des restrictions de circulation et des points de contrôle. Mouhamed Moussa Fall appelle à mieux prendre en compte leurs déplacements.
Interrogé sur les plaintes de certains volontaires relayées sur les réseaux sociaux, il reconnaît que les moyens et laccompagnement peuvent manquer. Il estime que les volontaires peuvent contribuer à améliorer lorganisation en signalant les difficultés et en proposant des correctifs. À ses yeux, la réussite de « Dakar 2026 » compte aussi pour la capacité du continent à accueillir dautres grands rendez-vous sportifs.
Mame Ndella FAYE

