Société

LE PETROLE DE SANGOMAR AU CŒUR DES INQUIÉTUDES: Les femmes redoutent des conséquences sur la pêche et le littoral

Au-delà du changement climatique et de l’avancée de la mer, une nouvelle menace nourrit désormais les inquiétudes des femmes du delta du Saloum : les éventuelles conséquences de l’exploitation pétrolière de Sangomar sur la pêche, la mangrove et le littoral.

Présidente de l’Union locale des femmes de Marsoulou, Mariama Diome indique que 12 740 propagules ont été plantées lors de la campagne de reboisement de cette année. Organisée chaque année à la même période, cette opération vise à protéger l’environnement et à limiter les effets du changement climatique.

« Avec l’avancée de la mer, une grande partie de la mangrove a disparu. Nous avons estimé qu’il était de notre devoir d’en replanter afin de préserver notre bien-être et notre santé », explique-t-elle.

Les femmes de Marsoulou ont commencé leurs activités de reboisement en 2016. Depuis, elles disent constater une raréfaction progressive des ressources halieutiques. Mariama Diome établit également un lien entre cette situation et les bouleversements qu’elle associe à l’exploitation pétrolière de Sangomar.

« Nos hommes ne pêchent plus comme auparavant. Certains empruntent les voies de l’émigration irrégulière et y perdent la vie, alors qu’autrefois, ils pouvaient vivre de la pêche, vendre leurs prises et subvenir aux besoins de leurs familles », se désole-t-elle.

Elle évoque également l’avancée de la mer à Djiffer et à Dionewar, ainsi que l’apparition de nouveaux bancs de sable. La responsable locale estime que ces phénomènes pourraient être liés aux opérations menées au large dans le cadre du projet Sangomar. Ces inquiétudes exprimées par les communautés restent toutefois à étayer par des études scientifiques indépendantes.

Mariama Diome affirme, par ailleurs, que des traces huileuses sont parfois observées sous la mangrove dans certaines zones. Face à ces préoccupations, les femmes réclament un renforcement du suivi environnemental ainsi qu’une plus grande transparence sur les éventuels impacts de l’exploitation pétrolière.

Mame Ndella FAYE

(Envoyée spéciale)