POUVOIR D’ACHAT: 140 milliards et un million de ménages ciblés dès 2027
Le Premier ministre promet dalléger le panier de la ménagère et de doubler lenveloppe consacrée à la protection sociale, qui passera à 140 milliards de FCFA en 2027. Un million de ménages vulnérables devraient être couverts, contre 350 000 aujourdhui.
Résoudre les difficultés des citoyens et améliorer durablement leur qualité de vie : tel est lengagement pris hier par le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, lors de sa Déclaration de politique générale (DPG). Le chef du gouvernement veut que laction publique soit évaluée à partir dindicateurs directement perceptibles par les populations : le prix du panier de la ménagère, la facture dénergie, laccès à leau, lemploi et les délais administratifs.
Selon lui, la doctrine de lAgenda national de transformation consiste précisément à relier chaque projet, programme et réforme à des résultats mesurables afin que laction publique améliore réellement le quotidien des Sénégalais. « La durée dactivité productive et rentable dans le monde rural doit être élargie. Nous avons un indicateur qui vise à augmenter le nombre de mois de travail dans le monde rural. Nous tous qui sommes des salariés, nous sommes payés douze mois sur douze. Et nous demandons aux paysans de se contenter de trois mois de revenus. Nous devons nous engager à leur garantir douze mois de travail productif. Cest possible parce que nous avons de leau, des jeunes et une technologie désormais accessible. Nous devons également réduire les délais et les coûts supportés par les usagers », a déclaré le chef du gouvernement.
Concernant le panier de la ménagère, Ahmadou Al Aminou Lo estime que son allègement repose principalement sur deux leviers : « produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons ». Citant lexemple de la pomme de terre, il a assuré qu« il ny a aucune raison que nous ne puissions pas faire la même chose avec dautres produits ».
Le Premier ministre a toutefois reconnu que le panier des ménages reste particulièrement sensible à lévolution des prix de plusieurs denrées fortement présentes dans la consommation nationale, notamment les céréales, le pain, la viande de buf, le poisson frais, les huiles, le sucre, les légumes frais et le lait.
« Nous avons observé la marche organisée ce week-end. Mais nous sommes aussi confrontés à la saisonnalité. À chaque hivernage, certains produits connaissent mécaniquement des hausses. Quel éleveur va vendre sa vache alors que les pâturages sont abondants ? Quel pêcheur va prendre la mer en période de fortes houles ? Malheureusement, nous produisons peu de légumes frais au Sénégal pendant lhivernage. Mais si nous développons les cultures sous serre, nous pourrons corriger cette situation », a-t-il expliqué.
« Il est normal que les prix augmentent »
À ses yeux, la hausse actuelle des prix sexplique également par linsuffisance des mécanismes danticipation et de régulation. « Il est normal que les prix augmentent aujourdhui parce que nous ne nous sommes pas donné les moyens de gérer toutes ces contraintes. Pourtant, ces produits peuvent être cultivés et commercialisés au Sénégal. Nous sommes tous responsables de cette situation », a-t-il reconnu.
Le chef du gouvernement promet ainsi de sattaquer au problème « à bras-le-corps », notamment à travers des contrats-programmes par filière et par secteur. Dans limmédiat, il préconise de renforcer les capacités de stockage ainsi que les contrôles sur lensemble du territoire national.
Sur le volet social, Ahmadou Al Aminou Lo entend mieux cibler la solidarité nationale afin de protéger davantage les familles en difficulté. « Nous comptons un million de ménages vulnérables, alors que seuls 350 000 sont actuellement pris en charge. Cela signifie que près de 650 000 ménages sénégalais ne sont couverts par aucun dispositif de protection sociale. Cinq millions de Sénégalais éprouvent des difficultés à vivre dignement », a-t-il indiqué.
Le Premier ministre annonce ainsi quà partir de 2027, un million de ménages bénéficieront dun filet social renforcé. « Ce nest pas du luxe. Ce que nous retirerons des subventions accordées aux populations aisées sera redistribué aux plus démunis », a-t-il assuré.
Pour concrétiser cet engagement, lenveloppe consacrée à la protection sociale passera de 70 milliards de FCFA en septembre 2026 à 140 milliards de FCFA en 2027. Les arriérés des Bourses nationales de sécurité familiale devraient, quant à eux, être apurés au cours de ce mois de septembre.
Les économies réalisées grâce à un ciblage plus équitable des subventions énergétiques seront également réorientées vers les populations qui en ont le plus besoin. « Lefficience de la dépense publique devient un instrument déquité sociale », a soutenu le Premier ministre, pour qui lAgenda national de transformation doit avant tout se mesurer à lamélioration concrète du quotidien des Sénégalais.
Viviane DIATTA

