PHARMACOVIGILANCE: L’ARP mise sur les Badienou Gox contre les effets indésirables et les faux médicaments
Signaler tout effet indésirable ou toute absence d’effet d’un médicament à l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP). C’est l’un des principaux messages délivrés par sa Directrice générale, Dr Aïssatou Sougou, lors d’un atelier d’orientation et de sensibilisation des acteurs communautaires sur la pharmacovigilance. Pour toucher davantage les populations, l’Agence entend s’appuyer notamment sur les Badienou Gox.
Une communauté mieux informée est une communauté mieux préparée à préserver sa santé. C’est le message porté par la Directrice générale de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), Dr Aïssatou Sougou, qui a présidé un atelier d’orientation et de sensibilisation des acteurs communautaires sur le rôle et les missions de l’Agence, avec un accent particulier sur la pharmacovigilance.
L’objectif est de renforcer la surveillance des médicaments et la lutte contre les produits sous-standards ou contrefaits en s’appuyant sur les relais communautaires. Dans cette stratégie, l’ARP accorde une place importante aux Badienou Gox, considérées comme un maillon essentiel du dispositif communautaire. « À travers elles, nous pouvons véhiculer des messages allant de l’Agence vers la communauté. Quand vous frappez à une porte au Sénégal, vous trouverez une Badienou Gox bien présente », souligne Dr Aïssatou Sougou. Selon elle, ces marraines de quartier jouent depuis plusieurs années un rôle important dans la promotion de la santé et la prévention des maladies.
Une Badienou Gox bien formée à la pharmacovigilance pourra ainsi sensibiliser les populations de sa zone d’intervention à l’usage rationnel des médicaments et à la nécessité de signaler les anomalies constatées. « Nous comptons sur elles. Le retour sur investissement est garanti. Le message que nous tenons vraiment à partager, c’est de signaler lorsqu’il y a des effets indésirables ou pas d’effet sur le médicament. Et signaler ne veut pas dire dénoncer. Le médicament n’est pas forcément responsable », précise la Directrice générale.
Ces signalements permettront à l’ARP de procéder aux analyses nécessaires afin d’évaluer la qualité, l’efficacité et la pertinence du maintien d’un produit sur le marché sénégalais. « Ce que nous voulons, c’est une conscience de la population que lorsqu’ils signalent à l’Agence, nous serons en mesure alors d’analyser ce médicament-là et de voir son usage rationnel et de voir sa pertinence sur le marché sénégalais », explique-t-elle.
Pour Dr Sougou, cette vigilance doit devenir un réflexe citoyen. « C’est un devoir pour tout Sénégalais, mais le devoir commence par une bonne compréhension de la chose. Aujourd’hui, notre rencontre avec les Badienou Gox nous permettra de nous rapprocher de cette communauté que nous servons tous les jours et de mieux véhiculer le message que nous cherchons aujourd’hui à transmettre », ajoute-t-elle.
La lutte contre les faux médicaments renforcée
La Directrice générale de l’ARP est également revenue sur la lutte contre les faux médicaments, un combat engagé depuis plusieurs décennies au Sénégal et dans lequel des progrès importants ont été enregistrés. Les étals de médicaments illicites autrefois visibles dans les rues ont, selon elle, considérablement reculé grâce à la mobilisation des communautés, des professionnels de santé et des autorités compétentes. « Ce fléau a connu un recul spectaculaire, et ça grâce à l’intervention non seulement communautaire, mais également au relais par les praticiens de santé eux-mêmes. La pharmacovigilance a été elle-même reconnue par l’OMS comme un des moteurs pour justement reporter ces médicaments sous-standards ou contrefaits », renseigne-t-elle.
L’absence d’efficacité thérapeutique d’un médicament peut également constituer un signal d’alerte sur sa qualité. D’où la volonté de l’Agence d’accroître le nombre de notifications afin d’améliorer la détection des produits suspects. Dans ce cadre, l’ARP déroule un programme de surveillance du marché et travaille avec les forces de défense et de sécurité ainsi que les services douaniers. L’Agence envisage également l’organisation prochaine d’une semaine nationale de lutte contre les faux médicaments. « Nous allons très bientôt même vers une semaine nationale de lutte contre le faux médicament pour raviver cela dans l’esprit et dans le cœur des Sénégalais, et qu’il y ait un changement de paradigme, et que la dénonciation et la notification viennent aujourd’hui des populations. L’Agence travaille au jour le jour avec les forces de l’ordre, la douane, pour combattre ce fléau », confie Dr Aïssatou Sougou.
Viviane DIATTA

