GRÈVE DES SOUS-TRAITANTS DE LA SONATEL: Les techniciens dénoncent la précarité et observent 48 heures d’arrêt de travail
Les techniciens des entreprises sous-traitantes de la Sonatel ont entamé, ce mercredi 5 août, une grève de 48 heures pour dénoncer la précarité de leurs conditions de travail et réclamer une revalorisation de leur rémunération. Ils accusent notamment une baisse des tarifs des prestations qui, selon eux, a entraîné une diminution sensible de leurs revenus. De son côté, la Sonatel rappelle qu’elle n’est liée par aucun contrat direct avec les employés des sociétés prestataires, tout en assurant respecter l’ensemble de ses obligations légales.
À l’origine du mouvement, les grévistes pointent la réduction des tarifs appliqués aux prestations réalisées pour le compte de la Sonatel. Selon eux, cette politique a directement impacté leurs salaires et fragilisé leur situation financière. « Le mot d’ordre concerne avant tout la réduction des prix dans le cadre des paiements. La Sonatel a diminué les prix d’installation, ce qui a fortement affecté les techniciens », explique Paul Macaty Badiane, porte-parole des techniciens des entreprises sous-traitantes.
Les travailleurs réclament une revalorisation de leurs rémunérations ainsi que l’arrêt de ce qu’ils qualifient de « baisse continue des tarifs » imposés aux entreprises prestataires. Ils estiment que cette politique met en difficulté toute la chaîne de sous-traitance et pénalise directement les techniciens sur le terrain.
Au-delà des revendications salariales, les grévistes dénoncent des conditions de travail jugées particulièrement difficiles dans les secteurs de la fibre optique, des réseaux de télécommunications, de l’ADSL et de l’énergie. Ils évoquent notamment les interventions en hauteur sur les poteaux et les risques permanents auxquels ils sont exposés. « Le travail sur la fibre ou les réseaux télécoms se fait souvent en hauteur, avec des opérations de tirage de câbles. En cas d’accident de travail, la prise en charge n’est même pas assurée », déplore leur porte-parole.
Les techniciens dénoncent également l’absence de protection sociale adéquate. Selon eux, plusieurs travailleurs ne disposent ni d’une assurance maladie satisfaisante ni d’une couverture efficace en cas d’accident ou de maladie. « Aujourd’hui, lorsqu’un technicien tombe malade, il ne bénéficie pas d’une prise en charge médicale suffisante. Beaucoup sont livrés à eux-mêmes », affirme Paul Macaty Badiane.
Autre point de crispation : la situation contractuelle de nombreux employés. Les grévistes soutiennent que certains sous-traitants ne leur remettent pas de contrats de travail conformes à la législation, compliquant ainsi leur identification par les services de l’Inspection du travail. « Certains sous-traitants ne nous ont pas remis de contrats de travail conformes. C’est pourquoi plusieurs techniciens ne sont même pas identifiés par l’Inspection du travail », regrette leur représentant. Les travailleurs préviennent que si leurs revendications ne sont pas satisfaites, le mouvement pourrait être prolongé au-delà des 48 heures annoncées.
En réaction, la Sonatel précise qu’elle n’entretient aucun lien contractuel direct avec les salariés des entreprises sous-traitantes intervenant sur ses chantiers. L’opérateur affirme toutefois honorer l’ensemble de ses obligations sociales et légales et veiller à ce que ses partenaires en fassent autant. « La Sonatel honore toutes ses obligations sociales et légales en vigueur et veille à ce que les entreprises sous-traitantes avec lesquelles elle collabore respectent également ces exigences », indique l’entreprise.
Mariem DIA

