MARCHE DU TRAVAIL: Au Sénégal, près de 35% des jeunes ni en études, ni en formation, ni en emploi
La jeunesse africaine est présentée comme un « dividende démographique ». Mais la réalité du terrain est toute autre : des programmes d’emploi sous-financés, mal ciblés et qui ne répondent pas à la demande des entreprises. C’est la conclusion d’un ouvrage collectif Youth Employment Programmes in Africa qui analyse 9 pays : Éthiopie, Ghana, Kenya, Niger, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Afrique du Sud et Ouganda.
Au Sénégal près de 35% des jeunes sont dans une situation désastreuse de ni études, ni formation, ni emploi …
L’étude menée entre 2022 et 2024 s’appuie sur 9 analyses nationales, 500 entretiens et 1500 participants à des groupes de discussion. Premier constat : les moyens ne suivent pas. Les dépenses pour le marché du travail et l’emploi des jeunes représentent en moyenne 0,35% du PIB dans les 9 pays africains, contre 0,95% dans les pays de l’OCDE. Pour les incitations au secteur privé 0,04% du PIB contre 0,64% dans les pays développés. « Trop de programmes sont sous-financés, mal ciblés, souvent déconnectés des employeurs », fait-il savoir le document. Au fait, les programmes sont désormais courants dans les documents d’orientation, mais ils ne sont pas à la hauteur de l’ampleur du défi. La plupart des jeunes misent sur la formation et l’entrepreneuriat, mais font beaucoup moins pour encourager les employeurs à créer des emplois. Nos sources de renseigner que les jeunes les plus pauvres, issus de zones rurales, moins scolarisés et exclus du numérique sont ceux qui accèdent le moins à l’aide. La coordination est fragmentée l’impression que les relations politiques influencent l’accès » freine la confiance.
Des réalités différentes selon les pays
En Afrique du Sud on retrouve le taux de chômage des jeunes le plus élevé, environ 59,4%. L’ Economie informelle domine partout ailleurs. Le taux d’emploi informel des jeunes va de 77,3% au Niger à 98,6% au Sénégal. La plupart des pays africains dépassent 90%.
Pour les Jeunes NEET : « Ni en Emploi, ni en Études, ni en Formation », Ils représentent 36,3% au Nigeria, 34,2% au Sénégal et 32,9% en Afrique du Sud. « Pris dans leur ensemble, ces chiffres révèlent un double défi : de nombreux jeunes sont totalement exclus du monde du travail et de l’éducation, tandis que la plupart de ceux qui travaillent sont concentrés dans l’emploi informel », a-t-elle indiqué. Les programmes en faveur de l’emploi des jeunes ne créeront pas d’emplois décents s’ils ne sont pas conçus en fonction de la demande réelle de main-d’œuvre, d’institutions efficaces et des jeunes qui se heurtent aux plus grands obstacles à l’emploi.
Abdoulaye DIAO

