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PASSATION DE SERVICE AU MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE, DU PLAN ET DE LA COOPÉRATION: Abdourahmane Sarr plaide pour la continuité et la cohérence des politiques publiques

L’ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a officiellement passé le témoin à son successeur, Cheikh Diba. À cette occasion, il a dressé le bilan de son action tout en formulant plusieurs recommandations pour la poursuite des réformes engagées. Son message central : « Le développement exige de la continuité, de la coordination et de la persévérance ».

Dans une intervention empreinte d’émotion, Abdourahmane Sarr a exprimé sa gratitude à Bassirou Diomaye Faye et à Ousmane Sonko pour la confiance qu’ils lui ont accordée. Il a également rendu hommage aux agents de son département ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers qui ont accompagné les différentes initiatives du ministère.
« Servir le Sénégal est un privilège. C’est aussi une responsabilité qui dépasse les personnes », a-t-il déclaré, avant de mettre en avant plusieurs acquis enregistrés sous son magistère. Parmi eux figurent la mise en œuvre de la première déclinaison quinquennale 2025-2029 de l’Agenda national de développement, l’élaboration d’une stratégie nationale de développement du secteur privé et de promotion de l’investissement, ainsi que l’adoption d’une nouvelle approche de coopération économique et financière davantage alignée sur les priorités du pays.
L’ancien ministre a également cité la publication d’un rapport macroéconomique trimestriel, la promotion des partenariats public-privé, le recyclage d’actifs publics et les mécanismes de mobilisation de l’épargne nationale, notamment celle de la diaspora. Il s’est ainsi félicité de la reconfiguration institutionnelle ayant conduit à la renaissance du ministère regroupant les compétences économiques, financières et de planification. Il a appelé les différents responsables du département à travailler en parfaite synergie sur les questions de cadrage macroéconomique, d’endettement, de maturation des projets et de respect des équilibres budgétaires. « Les politiques publiques ne doivent pas être réinventées à chaque changement d’équipe », a-t-il insisté.

La liberté économique comme levier de développement
Abdourahmane Sarr a réaffirmé son attachement à une vision économique fondée sur la liberté d’entreprendre, la concurrence, l’innovation, la responsabilité individuelle et la discipline macroéconomique. Pour lui, la création de richesses demeure le préalable à toute politique de redistribution, même si la protection sociale reste indispensable. « La confiance précède l’accumulation du capital », a-t-il souligné, estimant que le Sénégal se trouve aujourd’hui à un tournant décisif pour la préservation de sa stabilité macroéconomique.
Abordant la question de la souveraineté économique, l’ancien ministre a défendu une approche conciliant autonomie nationale et intégration régionale. « La souveraineté économique ne s’oppose pas à l’intégration régionale. Les deux se renforcent mutuellement », a-t-il affirmé, en mettant en avant les acquis de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, notamment la stabilité monétaire, la crédibilité de la banque centrale et l’existence d’un marché régional des capitaux.
Il a plaidé pour l’approfondissement de ce marché financier régional, la création d’instruments communs tels qu’un fonds souverain régional et un renforcement de la capacité des États à mobiliser leur propre épargne pour financer leurs investissements.
« La souveraineté économique ne se décrète pas. Elle se construit. Elle ne consiste pas à s’isoler du monde, mais à coopérer avec lui à partir d’institutions fortes, crédibles et libres », a-t-il déclaré, avant de souhaité plein succès à Cheikh Diba et à son équipe. Ce dernier entend désormais suivre l’action publique en tant qu’observateur indépendant, fidèle à ses convictions libérales. « Les fonctions publiques passent. Les institutions demeurent. Les idées continuent leur chemin », a-t-il conclu.

Abdoulaye DIAO