MONDIAL 2026. SANS SUPPORTERS, MAIS AVEC DE GRANDES AMBITIONS: Khady Diène Gaye fixe un cap historique aux Lions
À moins d’un mois du Mondial 2026, la ministre des Sports a affiché des ambitions XXL pour le Sénégal. Invitée de Sud FM ce dimanche, Khady Diène Gaye a fixé un objectif minimum de demi-finales pour les Lions de Pape Thiaw, tout en confirmant une mauvaise nouvelle : les supporters sénégalais basés au pays ne feront pas le déplacement aux États-Unis.
Le ton est donné. À quatre semaines de l’entrée en lice du Sénégal face à la France, le 16 juin au MetLife Stadium de New York, Khady Diène Gaye a envoyé un message fort. Pour la ministre des Sports, les Lions ne doivent plus se contenter d’un simple rôle d’invités séduisants sur la scène mondiale. Le Sénégal vise désormais le dernier carré. Invitée de l’émission « Diano Bi » sur Sud FM ce dimanche, la patronne du sport sénégalais a assumé des ambitions élevées pour une sélection qui disputera sa quatrième Coupe du monde, la troisième consécutive après 2018 et 2022.
« Minimum les demi-finales », a insisté Khady Diène Gaye, convaincue que cette génération possède les armes pour marquer l’histoire. « Nous ne sommes plus novices. C’est une Coupe du monde de confirmation. C’est une édition de confirmation de nos talents. On est champion d’Afrique. Nous nous devons donc d’honorer ce statut au niveau mondial et représenter dignement l’Afrique. L’objectif, c’est minimum les demi-finales. Nous avons l’entraîneur et le potentiel des joueurs pour y parvenir (…). Pape Thiaw veut la Coupe du Monde plus que toute autre personne », a-t-elle martelé, rappelant le statut de champion d’Afrique des Lions.
Un discours ambitieux, presque offensif, qui traduit la nouvelle dimension prise par le football sénégalais ces dernières années. Avec des cadres aguerris au très haut niveau et un sélectionneur, Pape Thiaw, présenté comme obsédé par la réussite mondiale, le Sénégal refuse désormais de se fixer des limites. Dans un groupe relevé avec la France, la Norvège et l’Irak, la tâche s’annonce pourtant immense. Le premier choc contre les Bleus, champions du monde 2018 et finalistes en 2022, servira immédiatement de révélateur aux ambitions sénégalaises. Mais du côté des autorités sportives, le mot d’ordre est clair : le Sénégal doit assumer son nouveau statut.
Le Sénégal sans son « 12e Gaïndé »
Si le discours se veut conquérant sur le terrain, l’environnement autour de la sélection sera toutefois moins favorable qu’espéré. Khady Diène Gaye a confirmé que les Lions seront privés de leur traditionnel « 12e Gaïndé » venu du Sénégal. « Nous n’allons pas déplacer de supporters de Dakar vers les États-Unis », a-t-elle affirmé.
La ministre a évoqué les difficultés liées à l’obtention des visas américains malgré plusieurs démarches entreprises avec des groupes de supporters comme Allez Casa ou Lébougui. « Les États-Unis restent souverains. Cette édition, on ne peut pas prendre en charge les supporters. La liste que j’ai portée, il y avait trois présidents de comité des supporters et ils ont été rejetés », a-t-elle rappelé, reconnaissant l’échec des tentatives engagées.
Un coup dur pour l’ambiance et l’accompagnement populaire des Lions, habitués à évoluer dans une ferveur exceptionnelle lors des grandes compétitions. Le soutien reposera donc essentiellement sur la diaspora sénégalaise installée en Amérique du Nord, appelée à transformer les tribunes en prolongement de Dakar.
Mouhamed DIEDHIOU

