DRAME A TOUBA: Un ouvrier meurt écrasé par un amas de fer au quartier Alom-Gua
Un grave accident de manutention a plongé le quartier Alom-Gua, dans la commune de Touba Mosquée, dans l’émoi ce dimanche matin. L’effondrement d’un important tas de barres de fer a causé la mort d’un jeune ouvrier de 25 ans et fait deux blessés légers, relançant le débat sur les conditions de sécurité sur les chantiers et dépôts de ferraille de la cité religieuse.
La victime décédée, identifiée sous le nom de Serigne Ndome, était originaire de Sadio, dans l’arrondissement de Taïf (département de Mbacké). Deux autres ouvriers ont également été blessés dans l’accident : Saliou Diouf, 32 ans, domicilié à Touba Boul, et Mamadou Diop, 39 ans, résident de Darou Minam.
Selon les premiers témoignages recueillis sur les lieux, les trois hommes travaillaient à proximité d’un vaste dépôt de fer appartenant à un certain Amsa Diop lorsqu’un amas de barres métalliques, apparemment mal stabilisé, s’est brutalement écroulé sur eux. « Les barres de fer sont tombées directement sur les ouvriers qui se trouvaient en contrebas. Tout s’est passé très vite », raconte un témoin encore sous le choc.
Le drame aurait pu être encore plus meurtrier. Au moment de l’accident, une quarantaine de personnes se trouvaient sur le site. Plusieurs habitants du quartier évoquent une véritable scène de panique après l’effondrement du stock métallique.
Alertés en urgence, les sapeurs-pompiers se sont rapidement déployés sur les lieux pour dégager les victimes coincées sous les lourdes barres de fer. Malgré leurs efforts, Serigne Ndome a succombé à ses blessures avant même son évacuation. Son corps a été acheminé au centre hospitalier de Dianatou Mahwa où une autopsie devra déterminer avec précision les causes du décès. Les deux autres victimes ont, quant à elles, subi des blessures jugées légères et ont reçu les soins nécessaires.
Des manquements sécuritaires pointés du doigt
Au-delà du drame humain, cet accident soulève de nombreuses interrogations sur le respect des normes de sécurité dans les zones de stockage et de manutention de ferraille à Touba. Selon des sources proches de l’enquête, aucun des ouvriers ne portait d’équipements de protection individuelle au moment des faits. Ni casques de sécurité, ni chaussures adaptées n’auraient été utilisés sur le chantier. « Les conditions de travail étaient très précaires. Il y avait un réel défaut de sécurisation du dépôt », confie une source locale.
Dans cette zone où les activités liées à la récupération et au commerce de ferraille connaissent un essor important, plusieurs observateurs dénoncent un manque de contrôle et de réglementation autour des dispositifs de stockage.
La police de Janatou Mahwa a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes du drame et situer les responsabilités. Les investigations devront notamment porter sur la stabilité du stockage, les mesures de sécurité mises en place ainsi que les consignes données aux ouvriers présents sur le site.
À Alom-Gua, l’émotion reste vive. Après le drame, plusieurs activités ont été suspendues dans le quartier, plongé dans une atmosphère de consternation et de tristesse.
Adama AIDARA

