CLOTURE EN APOTHEOSE DE LA 17e EDITION DE « SAINTLOUIS’ DOCS »: Mamadou Khouma triomphe avec son film documentaire « Liti-Liti »
Sous les lumières chaleureuses de Saint-Louis, les lampions se sont éteints sur la 17e édition du Festival international du film documentaire « SaintLouis’ Docs », dans une atmosphère à la fois festive et empreinte d’émotion. Pendant plusieurs jours, la ville a vibré au rythme du cinéma documentaire, accueillant réalisateurs, passionnés et curieux venus découvrir des œuvres engagées et profondément humaines. Au terme d’une compétition relevée réunissant 42 films issus d’une vingtaine de pays africains, le Grand Prix du long métrage a été décerné au film « Liti-Liti » du réalisateur Mamadou Khouma Guéye, consacrant une œuvre saluée pour sa profondeur et sa sensibilité.
SAINT-LOUIS (Envoyée spéciale) – Dans les jardins de l’Institut français de Saint-Louis, la nuit est doucement tombée, apportant une fraîcheur bienvenue après la chaleur du jour. Sous les arbres illuminés de guirlandes, un public dense s’est installé : cinéphiles avertis, familles, festivaliers fidèles et simples curieux, tous réunis pour vivre ce moment attendu, en cette soirée du samedi 2 mai 2026.
Chaises alignées, tapis improvisés, spectateurs debout : chacun cherchait sa place pour ne rien manquer de la cérémonie de clôture. L’atmosphère, à la fois conviviale et électrique, était rythmée par les échanges, les commentaires sur les films projetés et les pronostics sur les lauréats. Au fil des prises de parole, le silence se faisait respectueux, vite rompu par des salves d’applaudissements. Le public, pleinement investi, manifestait son attachement aux œuvres et aux artistes dans une communion rare.
« Liti-Liti », un film qui touche et rassemble
Vers 23 heures, l’annonce du Grand Prix a fait monter la tension. Puis, à l’évocation du nom de Mamadou Khouma Guéye, le jardin a explosé de joie : applaudissements nourris, youyous et cris d’encouragement ont salué cette consécration.
Dans leur argumentaire, les membres du jury ont salué un film « d’une grande sensibilité et d’une profondeur narrative remarquable », capable de capter avec justesse des fragments de vie. Ils ont notamment souligné « un regard cinématographique subtil et maîtrisé, même dans le feu de l’action », ainsi qu’un travail de longue haleine documentant une transformation sociale majeure dans la banlieue de Dakar.
Un parcours inspirant et un message à la jeunesse
Très ému, le réalisateur a livré un discours sincère et inspirant. « Je suis très heureux de voir notre travail reconnu. Merci au festival, merci au cinéma sénégalais. Cette année est particulière pour moi : la première fois que je suis venu ici, j’étais un ‘pique-assiette’, je n’avais même pas où dormir… Aujourd’hui, je remporte le Grand Prix », a lancé Mamadou Khouma Guéye.
Rendant hommage à son mentor disparu, Abdel Aziz Boye, il a rappelé cette phrase qui l’a guidé : « Dieu est avec les patients ». Avant d’adresser un message fort aux jeunes : « Il faut travailler et être patient ».
Le jury officiel a également distingué plusieurs œuvres. Mention spéciale : « Les Voyageurs » de David Bingong. Sélection nationale : « Dakar Panafricain » de Julie Kleinman et Ismaël Mahamadou Laouali. Court métrage (Mention spéciale) : « Yan Bida » de Laouali Salaou Jamilou et Issa Altine Daouda (Niger). Grand Prix du jury (court métrage) : « Atémit Sembé » de Abdoul Aziz Basse (Sénégal). Prix de la critique : mention spéciale pour « Liti-Liti » et distinction pour « La dernière rive » de Jean-François Ravagnan
Un festival ancré et tourné vers l’avenir
À la fin de la cérémonie, le public a tardé à quitter les lieux. Par petits groupes, les discussions se prolongeaient sous les lumières tamisées, preuve de l’impact de cette édition.
Plus qu’une simple remise de prix, cette clôture a rappelé la puissance du cinéma documentaire : un art capable de rassembler, de questionner et de faire vibrer. Elle a également mis en lumière le caractère transversal du cinéma, à la croisée de la musique, de la danse, des arts plastiques et de la photographie. La soirée s’est poursuivie dans une ambiance festive avec les prestations des artistes Maggui et Goundo, offrant un concert énergique au public.
Déjà, les regards se tournent vers la prochaine édition. Les organisateurs, tout en saluant le succès de cette 17e édition, entendent intégrer les recommandations du jury afin de renforcer l’organisation et pérenniser ce rendez-vous désormais incontournable du paysage culturel sénégalais.
Adama AIDARA

