CANDIDATURE DE MACKY SALL À L’ONU: Bassirou Diomaye Faye dénonce des pressions et un manque de concertation
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est sorti de sa réserve pour clarifier sa position sur la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Lors d’un entretien accordé à la presse, il a dénoncé une démarche menée en dehors des procédures habituelles, ainsi que des tentatives de pression qu’il dit fermement rejeter.
Le chef de l’État a expliqué que la candidature de Macky Sall lui a été présentée de manière indirecte, notamment par le biais de plusieurs chefs d’État étrangers. « C’est vous qui me l’apprenez, et j’estime que ce n’est pas à vous de me l’annoncer », a-t-il répliqué à ses collègues chefs d’Etat, évoquant même l’envoi d’un ministre d’Afrique centrale pour aborder le sujet avec lui.
Pour Bassirou Diomaye Faye, toute ambition d’un citoyen sénégalais à un poste international de cette envergure doit d’abord passer par une démarche formelle auprès des autorités nationales. « S’il veut le soutien de son pays, il doit le demander au président de la République. Cela n’a pas été fait », a-t-il insisté.
En guise de comparaison, il a rappelé le cas de Amadou Hott, dont la candidature à la tête de la Banque africaine de développement (BAD) avait été soutenue par le Sénégal malgré des divergences politiques. Une manière de souligner que l’intérêt national peut primer sur les clivages, à condition que les formes soient respectées.
Le président Faye affirme également avoir ressenti des pressions de la part de certains de ses homologues africains. « J’ai senti, à un moment donné, une sorte de pression que je n’accepte pas », a-t-il déclaré. Il cite notamment un courrier reçu le 4 février, à quelques jours d’un sommet de l’Union africaine, lui demandant de se prononcer rapidement sur cette candidature.
Face à ce qu’il considère comme une tentative d’imposition, Bassirou Diomaye Faye dit avoir opté pour une position de neutralité. « Le Sénégal respecte toutes les nations, mais nous avons la dignité de ne pas accepter que certains pays nous imposent un choix, surtout sans concertation préalable », a-t-il martelé.
Le chef de l’État a également tenu à préciser que cette candidature n’a pas fait l’objet d’une validation formelle au sein de l’Union africaine. Selon lui, aucun mécanisme institutionnel n’a été respecté. « Le comité chargé d’examiner les candidatures n’a même pas été mis en place », a-t-il dit, rappelant une « procédure silencieuse » ayant tenté d’imposer une réponse des chefs d’État dans un délai de 24 heures, ce qui a contribué à créer un malaise au sein de l’organisation.
Dans ce contexte, Dakar maintient une posture prudente. « Nous n’avons pas été impliqués depuis le début, pas même par l’intéressé », a conclu le président, réaffirmant ainsi la neutralité du Sénégal dans ce dossier.
Adama AIDARA

