CHEIKH DIBA SUR LA CONVENTION ÉTAT-EMPLOYEURS: « Chaque franc public doit générer de la valeur et de l’emploi durable »
CHEIKH DIBA SUR LA CONVENTION ÉTAT-EMPLOYEURS
« Chaque franc public doit générer de la valeur et de l’emploi durable »
Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a détaillé les objectifs poursuivis par l’État à travers la signature, hier à Dakar, de la Convention nationale État-Employeurs privés. Une initiative qui ambitionne de renforcer l’insertion professionnelle des jeunes tout en soutenant la compétitivité du tissu économique.
« Notre objectif est clair : faire en sorte que chaque franc public injecté dans les contrats, les stages, l’apprentissage et les CDD produise une valeur ajoutée réelle pour nos entreprises et une insertion durable pour notre jeunesse », a déclaré le ministre lors de la cérémonie.
Paraphée en présence du représentant de l’Organisation internationale du travail (OIT) au Sénégal, cette convention rénovée met un accent particulier sur les secteurs clés de l’économie, notamment les très petites, petites et moyennes entreprises ainsi que l’économie sociale et solidaire. « Cet acte n’est pas seulement une simple formalité administrative (…). Un accent particulier est mis sur les très petites entreprises, les moyennes entreprises ainsi que sur l’économie sociale et solidaire. Nous savons que ces structures sont le poumon de notre économie », a expliqué Cheikh Diba.
En allégeant le coût de l’insertion dans ces segments, l’État entend encourager leur formalisation et soutenir leur développement. Pour le ministre, cette convention marque un tournant majeur dans la politique de l’emploi. « Ma présence ici aujourd’hui réaffirme l’engagement ferme de l’État du Sénégal à faire du levier budgétaire un levier d’insertion professionnelle et de croissance inclusive », a-t-il souligné.
Inscrite dans une logique de transformation structurelle, cette réforme repose sur une approche stratégique. « Mon département considère que cette convention doit se lire comme un engagement solennel pour l’avenir de notre jeunesse et comme un instrument majeur de transformation structurelle. Ma lecture de cet acte est avant tout stratégique », a-t-il insisté.
Fruit d’une évaluation rigoureuse tenant compte des mutations du marché du travail – notamment la transformation numérique et les exigences accrues de productivité -, ce nouveau dispositif se veut résolument orienté vers l’investissement dans le capital humain. « Nous ne sommes pas ici pour gérer une dépense, mais pour valider un investissement dans le capital humain. L’emploi des jeunes est le défi majeur de notre stabilité sociale et de notre cohésion nationale », a-t-il affirmé.
Dans cette dynamique, l’État opère un changement de paradigme. « Nous passons d’une logique d’assistance à une logique de performance et de compétitivité », a précisé l’argentier de l’État, qui assure que le mécanisme mis en place sera à la fois « agile et transparent ».
Réitérant l’ambition gouvernementale, il a martelé : « Notre objectif est clair : faire en sorte que chaque franc public injecté dans les contrats et les stages, l’apprentissage et les CDD produise une valeur ajoutée réelle pour nos entreprises et une insertion durable pour notre jeunesse ».
L’État, a-t-il assuré, prendra toutes les dispositions nécessaires pour garantir le financement de cette initiative. « L’État prendra ses responsabilités en sécurisant les ressources nécessaires à la mise en œuvre de ce pacte. Je vous invite en retour à faire preuve d’audace », a-t-il lancé à l’endroit des employeurs, en présence notamment des représentants du Conseil national du Patronat (CNP), de la Confédération nationale des Employeurs du Sénégal (CNES), du Mouvement des Entreprises du Sénégal (MDES), de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS), ainsi que de l’Agence italienne pour la coopération au développement.
Prenant la parole au nom des organisations patronales, Cheikh Tidiane Sy a salué la portée de cette convention. « Cette nouvelle convention revêt une importance particulière. Elle consacre la reconnaissance du rôle central du secteur privé en tant que moteur de croissance, principal pourvoyeur d’emplois et acteur clé de la transformation structurelle de notre économie. Elle vient également réaffirmer notre engagement en faveur d’un climat des affaires plus attractif, de la promotion de l’investissement productif, du respect des normes sociales et des principes du travail décent, et enfin du renforcement du dialogue social, gage de paix et de stabilité », a-t-il déclaré.
Selon lui, ce dispositif offrira de nouvelles perspectives aux jeunes en situation de pré-emploi. Il permettra « à de nombreux jeunes (…) d’intégrer progressivement le monde du travail selon des formules acceptées d’accord-partie sous le parrainage de l’État ».
Mamadou Lamine CAMARA

