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GAZ : BLOC YAKAAR-TERANGA: Sonko acte le retrait de Kosmos et annonce une licence 100% Petrosen

Le Sénégal franchit un cap décisif dans la maîtrise de ses ressources gazières. Avec le retrait de Kosmos du bloc stratégique Yakaar-Teranga et l’attribution annoncée d’une licence exclusive à Petrosen, le gouvernement affiche sa volonté de reprendre la main sur un projet clé, au cœur des enjeux de souveraineté énergétique et de développement économique. Et c’est le Premier Ousmane Sonko lui-même qui en fait l’annonce, ce jeudi.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a partagé, ce jeudi, par un poste sur ses réseaux sociaux, un tournant majeur dans la gouvernance des ressources gazières du Sénégal avec le retrait de Kosmos Energy du bloc Yakaar-Teranga et la reprise intégrale du projet par Petrosen. Dans cette annonce, le chef du gouvernement n’a pas caché sa satisfaction, qualifiant l’accord d’« historique ».
« Hier, 22 avril 2026, restera une date historique pour notre pays. Nous avons obtenu et signé, sans aucune contrepartie financière pour le Sénégal, l’accord de retrait conjoint de KOSMOS et de PETROSEN de la licence portant sur le bloc gazier de Cayar, dénommé YAKAAR TERANGA. Une victoire majeure », a-t-il partagé.
« Ce retrait sera entériné par arrêté ministériel, et une nouvelle licence sera octroyée exclusivement à PETROSEN pour l’exploitation de Yakaar-Teranga », a-t-il précisé.
Au-delà de l’annonce, Ousmane Sonko inscrit cette décision dans une logique de souveraineté économique et de réappropriation des ressources naturelles.

Un projet stratégique au cœur du bassin sénégalais
Le champ gazier Yakaar-Teranga, situé au large de Cayar, est considéré comme l’un des plus importants gisements gaziers du Sénégal. Découvert par Kosmos Energy au milieu des années 2010, il recèle plusieurs trillions de pieds cubes de gaz naturel, destinés en priorité à alimenter le marché domestique, notamment la production d’électricité.
Ce projet s’inscrit dans le développement du bassin sédimentaire sénégalo-mauritanien, qui comprend également le champ transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), exploité conjointement avec la Mauritanie.
Initialement, Yakaar-Teranga faisait l’objet d’un partenariat entre Kosmos Energy et Petrosen, avec des discussions prolongées sur le modèle de développement, notamment entre exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) et approvisionnement du marché local.

Une rupture avec les conditions d’attribution passées
Le Premier ministre est d’ailleurs revenu sur les conditions initiales d’attribution du bloc. « La reprise de ce bloc, le plus prometteur de notre bassin sédimentaire à ce jour, attribué à Frank TIMIS en même temps que celui de Saint-Louis, que nous partageons avec la République Islamique de Mauritanie, dans des conditions pour le moins opaques sous le régime du Président Macky Sall, est l’aboutissement d’un combat de dix années et d’un engagement politique ferme : tous nos actifs spoliés seront renégociés et, si nécessaire, recouvrés. D’autres suivront. Et la vérité avec eux », a avertit Ousmane Sonko.
Cette déclaration s’inscrit dans la continuité des critiques formulées par les nouvelles autorités à l’encontre des anciens contrats pétroliers et gaziers, souvent jugés déséquilibrés ou insuffisamment transparents.

Vers une exploitation 100% nationale ?
L’annonce d’une licence exclusivement attribuée à PETROSEN ouvre une nouvelle phase pour le secteur énergétique sénégalais. Elle pose toutefois plusieurs défis majeurs : financement du projet, capacités techniques, choix du modèle d’exploitation et partenariats futurs éventuels.
Le Premier ministre n’a pas manqué de saluer le rôle jouer dans ce dossier par le ministre de l’Énergie, Birame Souleye Diop, et le Directeur général de PETROSEN, Alioune Gueye. « Mes félicitations et mes encouragements à Monsieur Birame Souleye Diop, Ministre de l’Énergie, des Mines et du Pétrole, à Monsieur Alioune Guèye, Directeur général de PETROSEN, ainsi qu’à l’ensemble de leurs équipes, pour l’excellent travail accompli et le parfait alignement aux directives », a-t-il confié, terminant par un « Vive le Sénégal ! », lourd de sens.

Enjeux économiques et énergétiques
En effet, la reprise du projet Yakaar-Teranga par l’État sénégalais pourrait renforcer la stratégie de souveraineté énergétique, avec pour objectif principal la réduction du coût de l’électricité grâce au gaz domestique. Elle intervient dans un contexte où le Sénégal accélère la mise en valeur de ses ressources hydrocarbures, entre ambitions d’industrialisation, besoins énergétiques croissants et exigences de transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Reste désormais à traduire cette décision politique en un projet industriel viable, capable de générer des retombées économiques durables pour le pays.

Abdoulaye DIAO