KOUMPENTOUM: Tension au festival Pencum Niany, deux députés de Pastef défient l’autorité préfectorale
Un incident protocolaire aux allures de bras de fer institutionnel a marqué, samedi, la cérémonie d’ouverture du festival Pencum Niany à Koumpentoum. Deux députés de Pastef ont refusé de se lever à l’arrivée du préfet, ravivant des tensions déjà anciennes avec l’autorité administrative.
La 8e édition du festival Pencum Niany, tenue ce samedi 11 avril à Koumpentoum, a été émaillée d’un incident qui a failli perturber le bon déroulement de la cérémonie officielle. À l’origine de la tension, le refus de deux députés du parti Pastef, Moussa Mbaye et Awa Sow, de se lever à l’arrivée du préfet du département. La scène s’est produite aux environs de 18 heures, au terrain de football de la commune, en présence d’un public venu nombreux.
Alors que l’ensemble de l’assistance s’est levé pour accueillir l’autorité administrative sous les applaudissements, les deux parlementaires, installés sous la tribune officielle, sont restés assis, suscitant incompréhension et malaise.Face à cette attitude jugée irrespectueuse, le préfet a immédiatement saisi le commandant de la brigade territoriale de Koumpentoum.
Intervenus promptement, les éléments de la gendarmerie ont sommé les deux élus de se conformer aux usages protocolaires ou de quitter les lieux. Après quelques instants de tension, les députés ont finalement obtempéré en se levant, permettant ainsi le démarrage de la cérémonie.
Selon plusieurs témoignages, l’intervention rapide et mesurée des forces de sécurité a évité que la situation ne dégénère davantage, certains observateurs estimant que le festival aurait pu basculer dans un véritable fiasco sans cette médiation.
Un contentieux latent avec l’autorité préfectorale
Cet incident ne serait pas un acte isolé. Il s’inscrit dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux députés et l’autorité préfectorale. Des différends antérieurs liés à des opérations de déguerpissement dans la zone avaient déjà opposé les parties, notamment autour d’un atelier appartenant au député Moussa Mbaye, installé à proximité de la route nationale et objet de sommations administratives.
Ces frictions avaient même suscité une réaction du ministre de l’Intérieur, rappelant publiquement aux parlementaires leur devoir de respecter les lois qu’ils votent.
Dans ce contexte, le refus de se lever lors de la cérémonie apparaît, pour certains observateurs, comme l’expression d’un désaccord plus profond, dépassant la simple question de protocole pour toucher aux rapports entre pouvoir administratif et pouvoir législatif.
Débat sur la préséance et le respect des institutions
L’incident a rapidement suscité des réactions dans la sphère politique et un vif débat sur les réseaux sociaux. Deux anciens parlementaires, Cheikh Oumar Sy et Adji Mbergane Kanouté, ont pris position en faveur des députés. Ils estiment que le protocole n’a pas été correctement interprété.
Selon eux, en vertu des règles de préséance, le député, en tant que membre de l’Assemblée nationale – deuxième institution de la République -, bénéficie d’un rang supérieur à celui du préfet, représentant de l’administration territoriale.
À ce titre, soutiennent-ils, « aucun élu n’est tenu de se lever devant un fonctionnaire nommé ». Ils dénoncent ainsi une situation qu’ils assimilent à un abus d’autorité, plaidant pour « une meilleure clarification des règles protocolaires afin d’éviter de tels incidents à l’avenir ».
Un événement culturel éclipsé par la polémique
Cet épisode a quelque peu éclipsé l’essence même du festival Pencum Niany, un rendez-vous culturel majeur dédié à la promotion des traditions du Niani et du Wouly.
Placée sous le thème « Culture et sport, deux leviers d’intégration et de développement durable de nos territoires », cette 8e édition se voulait un cadre de valorisation du patrimoine et de cohésion sociale.
Reste désormais à savoir quelles suites seront données à cette affaire et si elle aura des répercussions durables sur les relations entre élus et autorités administratives dans le département.
Mariem DIA

