Société

TIDA SANE GOMIS, MERE DE FAMILLE: « On est obligés de réduire les quantités de ngalakh »

« Cette année, tout a augmenté : le mil, l’arachide, même le sucre… On est obligés de réduire les quantités. Mais le ngalakh, on va quand même le faire, même si ce n’est qu’un peu. Avant, je préparais suffisamment de ngalakh pour toute la famille et même pour les voisins. Aujourd’hui, je fais avec les moyens du bord. L’essentiel, c’est de respecter la tradition ».

LOUISE NDIAYE, COMMERÇANTE
« On sent vraiment la différence cette année »

« Les clients achètent moins qu’avant. Ils demandent de petites quantités, juste ce qu’il faut pour la fête. On sent vraiment la différence cette année. Ces dernières années, la vie est devenue de plus en plus chère, mais cette fois-ci, les difficultés économiques se font particulièrement ressentir ».

TETE DEIDHIOU, HABITANTE DE THIAROYE
« Malgré les difficultés, on s’organise entre voisins »

« Malgré les difficultés, on s’organise entre voisins. Chacun apporte quelque chose et on partage. C’est aussi ça, l’esprit de Pâques. Cela fait bientôt deux ans que nous avons adopté ce système, pour permettre à toutes les familles de célébrer la fête et surtout de préparer le fameux ngalakh à distribuer. Car, quoi qu’on dise, le ngalakh de Pâques est très attendu. C’est ce qui fait aussi le charme du Sénégal ».

THERESE DIOUF, MENAGERE
« Faire du bon ngalakh est devenu très coûteux »

« Les enfants ne comprennent pas toujours pourquoi on réduit certaines choses, mais on leur explique que l’essentiel, c’est d’être ensemble et de préserver nos traditions. Vous savez, les enfants aiment aussi distribuer du ngalakh à leurs amis. Mais à l’impossible nul n’est tenu : on veut bien servir tout le monde, mais faire du bon ngalakh coûte cher et demande beaucoup de moyens. Ces dernières années, on ressent fortement la difficulté de la conjoncture ».

Adama AIDARA