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LA CAF RELANCE LES LIONS: Quand la FSF transforme la polémique en ferveur

Ébranlée par la décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football (CAF), la Fédération sénégalaise de football (FSF) contre-attaque sur tous les fronts. Entre recours annoncé devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) et engouement populaire inédit pour le match face au Pérou, l’instance sénégalaise retourne une situation hostile en démonstration de force.

La riposte s’organise, méthodique et bruyante. Ce mardi 24 mars, les avocats de la Fédération sénégalaise de football (FSF) ont déposé un recours officiel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), à Lausanne (Suisse), pour contester une décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football (CAF) qui continue de faire l’effet d’une onde de choc. Le pays de la Téranga s’est adjoint les services d’un collectif d’avocats internationaux, dirigé par l’expert en contentieux sportif Me Seydou Diagne. Avant d’examiner le fond du dossier, le TAS devra d’abord se prononcer sur une éventuelle suspension de la décision rendue par le Jury d’Appel de la CAF. Mais pendant que le dossier se déplace sur le terrain juridique, une autre bataille, populaire celle-ci, est en train d’être gagnée.
À quelques jours du match amical face au Pérou, prévu le samedi 28 mars au Stade de France, la diaspora sénégalaise a répondu avec fracas. Loin de refroidir les ardeurs, la sanction contestée a décuplé l’envie de mobilisation. Résultat, une billetterie prise d’assaut, malgré des prix jugés élevés, oscillant entre 22 000 et 78 000 FCFA. Initialement fixée à 50 000 places, la jauge du stade de France qui va abriter le rencontre a été portée à 60 000 pour absorber une demande en constante hausse, selon les informations de Sportnewsafrica.
Dans les travées de Saint-Denis, c’est une démonstration qui se prépare. Une réponse symbolique à une décision vécue comme une injustice, mais aussi une opportunité financière inattendue pour la FSF. Car, derrière l’élan patriotique, se cache un enjeu économique majeur. Louer le Stade de France représente un investissement colossal, estimé à près de 700 000 euros (plus de 459 millions FCFA), sans compter les frais logistiques. Dans ce contexte, l’affluence record espérée devient un levier essentiel pour amortir les coûts.
La Fédération mise aussi sur l’événementiel entre un concert de Youssou Ndour et de Booba, la présentation du trophée continental et des opérations marketing autour des supporters. Une stratégie globale pour transformer un simple amical en vitrine de puissance. Sur le terrain, les Lions veulent prolonger cette dynamique. À l’image de Pape Gueye, buteur en finale continentale, l’appel est clair : faire du Stade de France une annexe de Dakar. Plus qu’un match, c’est une célébration, presque un acte militant.
Ironie du sort, la décision de la CAF, censée fragiliser le Sénégal, pourrait finalement renforcer son unité et son exposition. Entre bataille juridique et démonstration populaire, la FSF joue une partition audacieuse. Reste à savoir si ce rapport de force trouvera un écho favorable devant le TAS.

Mouhamed DIEDHIOU