Société

RAMADAN- FERVEUR, PRIERE ET QUETE DE PARDON: Affluence exceptionnelle dans les mosquées

En ce mois béni du Ramadan, les mosquées du Sénégal ne désemplissent pas. À chaque heure de prière, les fidèles affluent massivement pour accomplir leurs obligations religieuses, dans une atmosphère de recueillement et de spiritualité. Une affluence exceptionnelle qui traduit l’attachement profond des musulmans à ce mois consacré à la dévotion, à la purification et à la recherche du pardon divin.

Dans un pays où près de 96% de la population est musulmane, l’observation du jeûne du Ramadan occupe une place centrale dans la vie religieuse et sociale. Et cela se ressent particulièrement dans les mosquées, devenues de véritables lieux de rassemblement spirituel.
À la mosquée Goui Sor de Ouakam, hier, à l’aube, certains fidèles ont même été contraints de prier à l’extérieur faute de place. L’affluence était telle que l’esplanade et les abords du lieu de culte se sont transformés en espaces de prière improvisés. À la sortie de la prière de l’aube, Banda Diop, un fidèle rencontré sur place, témoigne de l’importance particulière qu’il accorde à ce mois sacré.
« Je fréquente la mosquée même en dehors du Ramadan. Mais je reconnais que je ne suis pas toujours ponctuel pour certaines prières, notamment celle du matin. Pendant ce mois béni, je fais davantage d’efforts pour respecter toutes les heures de prière, car c’est un mois de pardon et d’adoration », confie-t-il.
Pour beaucoup de croyants, le Ramadan représente en effet une période privilégiée pour renforcer leur foi et multiplier les actes d’adoration. « C’est un mois de promotion spirituelle durant lequel Dieu multiplie les récompenses », explique pour sa part Mouhamadou Saliou Diallo, également présent à la mosquée.
Dans son sermon prononcé après la prière de l’après-midi, l’imam Diallo a rappelé la dimension spirituelle exceptionnelle du Ramadan. « Les musulmans doivent profiter de ce mois pour se rapprocher davantage d’Allah, demander pardon pour leurs péchés et multiplier les invocations. C’est un moment de prière et de méditation pour que Dieu exauce nos vœux et bénisse nos projets », a-t-il exhorté.
Selon l’imam, l’affluence observée dans les mosquées pendant cette période s’explique aussi par une tradition bien connue dans la spiritualité musulmane. « Durant le Ramadan, Satan est enchaîné et solidement bâillonné. C’est pourquoi on constate un regain de ferveur religieuse et un attachement plus marqué à la prière et à la récitation du Coran. Après le Ramadan, les démons sont libérés et cela peut affaiblir la détermination de certaines personnes », explique-t-il.
De l’aube jusqu’à la nuit, les mosquées vibrent ainsi au rythme des cinq prières quotidiennes. À Dakar comme dans les autres régions du pays, les fidèles se mobilisent massivement pour assister aux prières collectives, notamment celles de l’aube, de l’après-midi et du soir, ainsi qu’aux longues prières nocturnes.
Dans ses écrits, le savant Cheikh Ibn Baz souligne également la valeur spirituelle de ces moments de recueillement. Dans Madjmou’ al-Fatawa (15/437), il rappelle que la retraite pieuse dans les mosquées constitue un moyen privilégié de se rapprocher d’Allah, particulièrement durant le mois de Ramadan.
Pour de nombreux croyants, cette période représente ainsi une véritable « recharge spirituelle », un moment pour renforcer leur foi et accumuler des œuvres pieuses qui guideront leur comportement tout au long de l’année.
En attendant la fin du mois sacré, les mosquées continueront d’être le théâtre de cette ferveur religieuse intense, symbole d’un attachement profond des fidèles à leur foi et à leurs valeurs spirituelles.

Abdoulaye DIAO