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DECISION DU GOUVERNEMENT DE PONCTIONNER LES SALAIRES: Les enseignants sur le pied de guerre

Les syndicats d’enseignants regroupés au sein du G7 sont en bras de fer avec le Premier ministre, Ousmane Sonko. En cause, la décision du gouvernement d’opérer des retenues sur les salaires des enseignants grévistes, une mesure qui suscite une vive contestation dans le secteur de l’Éducation nationale. Déterminés, les syndicats annoncent la poursuite de leur plan de lutte.

Les enseignants sont sur le pied de guerre. Après les déclarations du Premier ministre, Ousmane Sonko, assumant les ponctions sur les salaires des grévistes lors de son passage à l’Assemblée nationale, les syndicats membres du G7 ont exprimé leur colère dans plusieurs régions du pays. Ils ont multiplié les sorties médiatiques pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une décision injuste.

À Thiès, à l’instar d’autres localités, les enseignants ont lancé le cinquième plan d’action du G7. Dans ce cadre, ils ont observé un débrayage ce mardi 3 mars 2026, suivi d’une assemblée générale tenue au CEM Mamadou Diaw. Le secrétaire général du SAEMS à Thiès, Sirakhata Guèye, a dénoncé un climat marqué, selon lui, par des pressions et des tentatives d’intimidation.

« Le contexte actuel est marqué par des menaces voilées, des manipulations de l’opinion et surtout des ponctions injustes sur les salaires des enseignants », a-t-il déclaré, affirmant qu’ils ne sont « ni faibles, ni isolés, ni désorganisés. Nous sommes des éducateurs, les piliers invisibles mais indispensables de cette Nation ».

« Oui, des ponctions ont été opérées. Oui, cela fait mal et touche nos familles. Mais un salaire amputé ne doit jamais signifier une dignité amputée. Un État fort n’est pas celui qui sanctionne ses enseignants, mais celui qui dialogue, respecte ses engagements et protège son école publique », a-t-il insisté.

Une grève totale annoncéeLe cinquième plan d’action du G7 doit culminer avec une grève totale prévue le vendredi 6 mars 2026. Les syndicats exigent notamment la matérialisation des deux décrets signés pour les enseignants décisionnaires, la valorisation des pensions de retraite, l’augmentation de l’âge de la retraite à 65 ans, l’arrêt de la surimposition sur les rappels, l’imputation budgétaire pour les enseignants décisionnaires retraités et la fin des lenteurs administratives.

Ils maintiennent également le boycott des évaluations et des cellules d’animation pédagogique.À Saint-Louis, le Secrétaire général national du SAEMS et membre du G7, El Hadji Malick Youm, a tenu un discours similaire lors d’une rencontre avec les enseignants.

« Depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, aucun régime n’a obtenu la reddition des enseignants. Ce combat est un combat de dignité. L’école est la vitrine du Sénégal », a-t-il déclaré.

Tout en se disant favorable au dialogue, il estime que les autorités doivent apporter des réponses concrètes aux revendications. Le syndicaliste a également dénoncé une surimposition pouvant atteindre 50% sur les rappels de salaire, une pratique qu’il juge contraire à la législation.

« Les enseignants sont les bâtisseurs de la nation et les faiseurs de rois. Le secteur ne se laissera plus utiliser comme marchepied politique », a-t-il averti.

De son côté, Ibrahima Kane, Secrétaire général de la sous-section syndicale d’académie de Thiaroye, a regretté le ton adopté par le Premier ministre.

« Le rôle de l’État est de matérialiser les accords signés avec les enseignants. Il faut également mettre fin définitivement aux lenteurs administratives », a-t-il déclaré.

Aïssatou Mbène COULIBALY