PRÉ-RAPPORT SUR LA RÉFORME DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR: Le comité propose 80 recommandations pour sauver l’université
Le président du comité d’appui de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, Pr Boubacar Diop, dit « Bouba », a présenté, hier, le pré-rapport sur la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Le document, dévoilé lors d’un atelier de partage, contient 80 recommandations destinées à améliorer le fonctionnement du système universitaire sénégalais.Après huit mois de travaux, la réflexion sur la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche a livré ses premiers résultats.
Le pré-rapport, qui synthétise les conclusions du comité, a été présenté lors d’un atelier réunissant différents acteurs du secteur.Selon le président du comité d’appui de l’Agenda national de transformation, ce document retrace l’ensemble du processus de travail.
« Ce qu’il faut retenir, c’est que nous disposons aujourd’hui d’un document qui présente la mission qui nous a été confiée, la méthodologie utilisée, les résultats obtenus ainsi que les recommandations formulées », a expliqué Pr Boubacar Diop qui a précisé que ce travail vise à être amélioré et enrichi afin de produire des effets concrets sur le système universitaire.
Un diagnostic des dysfonctionnements
La production de ce pré-rapport fait suite à un diagnostic approfondi de la situation de l’enseignement supérieur au Sénégal. Selon Pr Diop, de nombreuses réflexions ont déjà été menées dans le pays sur les questions éducatives, au point que le Sénégal est souvent considéré comme une référence dans ce domaine.
Toutefois, il souligne que ces réflexions ont souvent souffert d’un manque de suivi et de cohérence dans leur mise en œuvre. « Beaucoup d’analyses pertinentes ont été faites, mais elles n’ont pas toujours été suivies d’actions concrètes. Il est donc nécessaire de renforcer la cohérence de l’ensemble du système éducatif », a-t-il indiqué.
Le diagnostic met également en évidence plusieurs dysfonctionnements persistants dans l’enseignement supérieur et la recherche. Parmi les principaux problèmes identifiés figurent « les grèves répétées, un calendrier académique instable, des faiblesses dans la gouvernance universitaire, un arbitrage financier défavorable à la recherche, ainsi que les difficultés liées au financement des allocations d’études et des œuvres sociales ».
Vers une validation institutionnelleAprès plusieurs étapes de validation académique, le comité souhaite désormais une validation institutionnelle du document.
« Il faut que le gouvernement se prononce et que la société soit informée », a insisté Pr Boubacar Diop, appelant les acteurs du système éducatif à poursuivre les efforts de transformation.Selon lui, un nouveau discours réformateur est en train d’émerger dans l’ensemble du système éducatif, du préscolaire jusqu’à l’enseignement supérieur.
« Il ne faut pas désespérer. Nous pouvons transformer notre système éducatif pour le rendre meilleur. Les universitaires doivent continuer à porter ce changement profond », a-t-il affirmé.
De son côté, le Secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Fary Seye, a salué le travail accompli par les membres du comité et leur président. Il a indiqué que ce document, fruit de huit mois de réflexion, sera transmis au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour examen.
Mamadou Lamine CAMARA

