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REFROIDISSEMENT ÉCO-ÉNERGÉTIQUE AU SÉNÉGAL: 554,5 millions FCFA mobilisés pour réduire les émissions et renforcer l’efficacité énergétique

Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa lutte contre le changement climatique. Un projet intitulé « Solutions de refroidissement éco-énergétiques et respectueuses du climat et mise à jour des CDN (Contributions Déterminées au niveau National) » a été officiellement lancé à Dakar.

Dotée d’un budget d’un million de dollars américains, environ 554,5 millions de FCFA (et non 554 milliards), cette initiative s’étale sur trois ans et vise à contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant l’efficacité énergétique du pays.

Au Sénégal, les besoins en refroidissement augmentent sous l’effet combiné de la croissance démographique, de l’urbanisation accélérée, du développement industriel et de l’intensification des effets du changement climatique. Lors de la cérémonie de lancement présidée par le Secrétaire général du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Libasse Ba, président du Comité national sur les changements climatiques (COMNACC), a souligné l’urgence d’agir.

« Au Sénégal, la demande en services de refroidissement connaît une hausse continue sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation, du développement industriel, de l’expansion du secteur tertiaire et de l’intensification des effets du changement climatique », a-t-il confié.

Les systèmes de refroidissement – climatisation, réfrigération commerciale et industrielle, chaîne du froid – occupent désormais une place stratégique dans plusieurs secteurs clés : sécurité alimentaire, santé publique, compétitivité industrielle et résilience climatique. Cependant, ces équipements demeurent fortement énergivores et, pour certains, obsolètes. Ils représentent une part importante de la consommation énergétique nationale et contribuent significativement aux émissions de gaz à effet de serre.

« Le refroidissement est à la fois un défi climatique, énergétique, industriel et de développement », a insisté Libasse Ba, plaidant pour un renforcement du cadre normatif afin de combler les déficits techniques, institutionnels et financiers. Le projet permettra notamment d’améliorer l’efficacité énergétique des systèmes de refroidissement, réduire les émissions de gaz à effet de serre, modéliser les chaînes de valeur, renforcer les capacités techniques nationales et aligner les politiques sectorielles sur les engagements climatiques du Sénégal.

Une gouvernance multi-acteurs

La mise en œuvre du projet implique plusieurs départements ministériels : le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, le ministère de l’Industrie et du Commerce, le ministère en charge de l’Énergie. Pour le président du COMNACC, cette approche intersectorielle constitue un gage de réussite.

« La réussite de ce projet dépendra de la qualité de la gouvernance multi-acteurs, et à cet égard, la liste des institutions impliquées est très encourageante », a-t-il estimé.Financé par le Fonds vert pour le climat (GCF) dans le cadre de sa fenêtre Readiness, le projet bénéficie également de l’appui de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Rafik Fekki, représentant de l’ONUDI, a réaffirmé l’engagement de son institution,

« Nous soutenons les pays africains dans la transformation de leurs systèmes énergétiques et productifs en conciliant développement économique et action climatique », a-t-il expliqué.

Au Sénégal, cette initiative s’inscrit dans la dynamique de la deuxième phase du Programme de partenariat pays (PCP2), couvrant la période 2026-2030. Ce programme, signé en novembre dernier entre le gouvernement sénégalais et l’ONUDI, repose sur cinq axes majeurs destinés à accélérer l’industrialisation durable du pays.

À travers ce projet, le Sénégal entend poser les bases d’un modèle de refroidissement plus durable, compatible avec ses engagements internationaux en matière de climat et avec les objectifs de transition énergétique.

Mamadou Lamine CAMARA