MARCHÉ DES DATTES: Avec le Ramadan, les commerçants se frottent les mains
Alors que le mois béni de Ramadan avance, les marchés dakarois connaissent une effervescence particulière autour d’un produit incontournable : la datte. Importée principalement des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, elle inonde les étals. Entre approvisionnement massif, prix fluctuants et forte demande, les commerçants affichent un optimisme prudent.
À la salle de vente, au marché Sandaga, vers 14 heures ce mardi, Dieynaba Fofana s’active dans sa boutique. Entourée de ses ouvriers qui déchargent des cartons de dattes et de clients venus passer commande, la commerçante peine à se libérer quelques minutes. Installée depuis plus de cinq ans dans ce commerce, elle propose quelques variétés de dattes, notamment El Mahri, en provenance de Tunisie et Deglet Nour, importée d’Algérie.
Une variété en provenance de Dubaï
Le carton de 500 grammes d’El Mahri est vendu à 9 000 FCFA en gros, tandis que le carton de 5 kilogrammes de Deglet Nour est proposé à 6 000 FCFA en gros. « Vendre des dattes n’est pas une chose facile. Les prix peuvent monter ou baisser brusquement », explique Mme Fofana, tout en gardant un œil sur sa caisse, gérée par sa fille. Malgré ces aléas, elle se dit satisfaite de sa clientèle fidèle, composée principalement de revendeurs.
Elle affirme avoir constitué un stock suffisant pour répondre à la forte demande attendue durant tout mois de Ramadan.Des commandes institutionnelles en baisseInterrogée sur les difficultés liées aux commandes, notamment celles autrefois passées pour des distributions dans les mosquées et daaras, elle confie : « C’est toujours difficile. Nous avions des clients qui bénéficiaient de commandes de l’ancien régime pour des distributions. Depuis l’arrivée des nouvelles autorités, ces commandes ont fortement diminué ». Malgré cela, elle reste confiante grâce à son réseau de clients réguliers.
Chez Bacary Wagué, également installé à la salle de vente, l’ambiance est animée. Il propose principalement la variété Baraka, importée de Tunisie, vendue à 8 500 FCFA le carton de 500 grammes. Il commercialise également une variété appelée Palmier, en provenance d’Algérie, vendue à 10 000 FCFA les 10 kilogrammes. Selon lui, la Baraka est la plus demandée par ses clients, ce qui explique l’importance de son stock.
Ibrahima Wilane, jeune entrepreneur, partage le même constat. Il s’approvisionne auprès de grossistes à Dakar et se livre ensuite à la revente en demi-gros et en détail. Il souligne les risques liés à ce commerce. « Si la vente est moyenne, les dattes peuvent pourrir et il devient difficile de réaliser des bénéfices », confie-t-il.
Il ajoute que les prix dépendent fortement de la période, et qu’en période de Ramadan, une flambée n’est jamais exclue, compte tenu de la réalité du moment du marché.
Deglet Nour, la reine des dattes ?
Selon Dieynaba Fofana, la Deglet Nour algérienne est la variété la plus chère et la plus consommée au Sénégal. Bacary Wagué, de son côté, estime que la Baraka domine le marché en termes de volume.Au marché Tilène, Brahim, surnommé « Tendarme », un ressortissant algérien spécialisé dans l’importation de dattes, ne cache pas sa fierté.
Dans sa boutique, l’odeur sucrée des dattes attire immédiatement les visiteurs.« Vous voulez quoi ? À vendre ou à offrir ? », lance-t-il avec le sourire. Il affirme ne vendre que des dattes d’Algérie, choisies parmi les meilleures variétés de son pays d’origine.
« Les prix varient selon la variété et les taxes appliquées. Mais Al Hamdoulilah, nous rendons grâce à Dieu. J’ai beaucoup stocké car la demande devient supérieure à l’offre pendant le Ramadan », dit-il.
Une demande en pleine accélération
Dans les différents marchés visités, les étals débordent de cartons. Certains commerçants profitent de leurs stocks pour maximiser les ventes, tandis que d’autres s’activent à livrer les commandes déjà enregistrées.
En ce mois sacré, la datte reste plus que jamais au cœur des habitudes alimentaires des Sénégalais. Entre tradition religieuse et opportunité commerciale, le marché s’anime, porté par une demande croissante.
Mariem DIA

