IMAM BIRAM POUYE, PRECHEUR A LA RTS: « Le Coran mentionne la datte à plus d’une vingtaine de reprises »
Figure religieuse connue pour son aisance pédagogique et sa présence médiatique, l’Imam Biram Pouye coanime actuellement l’émission Tafsir 2.0 aux côtés de Oustaz Taib Socé sur la RTS. Il revient ici sur la place de la datte dans l’Islam, notamment durant le Ramadan.
Que représente la datte en Islam, surtout durant le Ramadan ?
En Islam, la datte n’est pas un simple fruit. Elle occupe une place profondément spirituelle et symbolique, enracinée dans la tradition prophétique et dans la vie sociale des musulmans. Sa présence est particulièrement marquée durant le mois de Ramadan, où elle est presque indissociable du moment de la rupture du jeûne.
Le Coran mentionne la datte à plus d’une vingtaine de reprises, signe de son importance dans la culture et la spiritualité islamiques. Elle apparaît comme un don divin, un symbole de subsistance, de bénédiction et de miséricorde.
Dans la tradition prophétique, son statut est encore plus explicite. Il est rapporté que le Prophète Muhammad (SAW) rompait son jeûne avec des dattes fraîches avant d’accomplir la prière. À défaut, il consommait des dattes sèches, et s’il n’en trouvait pas, quelques gorgées d’eau. Ce geste simple est devenu, au fil des siècles, une pratique suivie par des millions de musulmans à travers le monde.
Existe-t-il d’autres hadiths évoquant les dattes ?
Oui. Un hadith rapporté par Al-Bukhari et Muslim mentionne que celui qui consomme sept dattes « Ajwa » le matin ne sera atteint ni par poison ni par sorcellerie durant la journée. La majorité des savants précisent que cette parole concerne spécifiquement les dattes « Ajwa » de Médine, connues pour leur valeur particulière.
Au-delà de la dimension spirituelle, certains chercheurs contemporains soulignent également l’intérêt nutritionnel de la datte : riche en sucres naturels rapidement assimilables, elle constitue un aliment idéal pour redonner de l’énergie au moment de l’iftar après une longue journée de jeûne.
Ainsi, rompre le jeûne avec une datte dépasse largement le cadre d’une simple tradition culturelle. Pour de nombreux croyants, il s’agit d’un acte d’adoration accompli avec l’intention de suivre la Sunnah du Prophète, un geste modeste en apparence, mais chargé de sens et d’héritage spirituel.
Est-il obligatoire de rompre le jeûne avec des dattes ?
Non, il n’est pas obligatoire de rompre le jeûne avec des dattes. Si ce geste est devenu emblématique du Ramadan, il relève de la tradition prophétique et non d’une obligation religieuse. Les savants expliquent que rompre le jeûne avec des dattes constitue une Sunnah, c’est-à-dire une pratique recommandée inspirée de l’exemple du Prophète Muhammad (SAW). Cela ne fait pas partie des conditions indispensables à la validité du jeûne.
Je le répète, selon un hadith rapporté par Abu Dawud et At-Tirmidhi, le Prophète rompait son jeûne avec des dattes fraîches. S’il n’en trouvait pas, il consommait des dattes sèches, et à défaut, quelques gorgées d’eau. Ce récit montre clairement que la datte est privilégiée, mais qu’elle n’est pas imposée.
Adama AIDARA

