AMPUTATION SUR LA SOLDE DES ENSEIGNANTS: L’Etat sabre de 52 000 à 200 000 FCFA les salaires des grévistes
La découverte de lourdes retenues sur les salaires de février a provoqué une vive indignation chez les enseignants grévistes. Avec des ponctions allant de 52 000 jusqu’à 200 000 FCFA, l’application stricte du principe du « service fait » ravive les tensions entre l’État et les syndicats, qui dénoncent un durcissement et envisagent une riposte.
La confrontation entre l’État du Sénégal et les syndicats d’enseignants franchit un nouveau palier. Ce mercredi 25 février 2026, à l’ouverture de la plateforme eSolde, de nombreux enseignants grévistes ont découvert avec stupeur d’importantes ponctions sur leurs salaires du mois. Une surprise rapidement transformée en colère.
Selon plusieurs sources syndicales, les retenues pour faits de grève oscilleraient entre 52 000 et 100 000, voir même jusqu’à 200 000 FCFA, selon le nombre de jours de débrayage observés lors des récents mouvements d’humeur.
Des montants jugés « excessifs » par les organisations représentatives.
Des fiches de paie lourdement amputéesLes prélèvements opérés ne concernent pas uniquement le salaire de base. Certaines indemnités auraient également été impactées, alourdissant la facture pour les concernés. Sur les réseaux sociaux et dans les groupes professionnels, les captures de fiches de paie circulent abondamment.
Plusieurs enseignants affirment avoir vu leur rémunération réduite d’un tiers, voire de près de la moitié.Dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie, ces retenues brutales provoquent une onde de choc au sein du corps enseignant, déjà engagé dans un bras de fer avec les autorités sur diverses revendications administratives et salariales.Le principe du « service fait » appliqué avec fermetéDu côté de l’État, l’application du principe du « service fait », qui conditionne la rémunération à l’exécution effective du travail, est légalement fondée.
Ce mécanisme permet à l’administration d’opérer des retenues proportionnelles aux jours de grève.Toutefois, la rapidité et l’ampleur des ponctions sont perçues par les syndicats comme un signal de durcissement. Plusieurs leaders syndicaux dénoncent ce qu’ils qualifient de « tentative de cassage du mouvement social » et de « provocation financière ».
Vers une riposte syndicale ?
Pris de court par l’importance des montants prélevés, les responsables syndicaux ont entamé des concertations en urgence. Des réunions sont prévues pour définir une stratégie de riposte, alors que la tension risque de s’accentuer dans les établissements scolaires.
Cette nouvelle séquence pourrait raviver le climat social dans le secteur de l’éducation, au moment où élèves et parents espéraient une décrispation du dialogue. La question désormais posée est celle de l’issue du bras de fer : la fermeté budgétaire de l’État mettra-t-elle un terme au mouvement ou, au contraire, radicalisera-t-elle les positions ?
Mariem DIA

