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ATTAQUES FRONTALES CONTRE LE POUVOIR: Barthélémy Dias sort l’artillerie lourde

L’ancien maire de Dakar, Barthélémy Dias, est monté au créneau, hier, face à la presse pour fustiger la gestion du régime en place, qu’il accuse de dérives et de manipulations. Le leader du mouvement « Sénégal Binu Bok » a abordé plusieurs sujets brûlants de l’actualité nationale, notamment les violences à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), les récentes failles sécuritaires au sein de l’administration publique et la gouvernance des finances de l’État.

UCAD : « Ces actes seront punis »Revenant sur les émeutes survenues à l’UCAD et la mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, Barthélémy Dias s’est montré catégorique. « La mort tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba est impardonnable. Je promets à la famille de la victime, aux Sénégalais, et plus particulièrement aux étudiants, que justice leur sera rendue. La justice n’est pas négociable ».

Il a fermement condamné l’intervention des forces de l’ordre sur le campus universitaire, dénonçant l’usage de « matériel lourd » et l’implication d’unités spéciales, notamment la Brigade d’intervention polyvalente (BIP).

Selon lui, le rôle de la police à l’université devrait se limiter à maintenir l’ordre aux abords du campus, et non à pénétrer dans les pavillons et les chambres étudiantes. « Nous avons vu des policiers défoncer des pavillons et des chambres. Ces actes seront punis », a-t-il martelé.

Données personnelles et institutions stratégiques

Le leader de « Sénégal Binu Bok » s’est également inquiété des incidents récents ayant touché des institutions jugées stratégiques : incendie au ministère des Finances, cambriolage à la direction informatique du Trésor et cyberattaque contre la Direction de l’automatisation des fichiers.Pour lui, la répétition de ces événements soulève des interrogations légitimes. « Pourquoi toujours les mêmes institutions stratégiques ? Tout un chacun devrait se poser cette question », lâche-t-il dans un ton suspicieux, avant d’en déduire qu’« un gouvernement incapable de protéger nos données personnelles ne sera pas capable de nous protéger ».

Barthélémy Dias exige ainsi une « transparence non négociable » sur la gestion du patrimoine national, notamment les ressources issues du pétrole et du gaz.Priorités budgétaires et critiques du régimeL’ancien maire de Dakar a dénoncé ce qu’il considère comme un renversement des priorités nationales. Selon lui, l’État devrait concentrer ses efforts sur le paiement régulier des bourses étudiantes, le maintien des acquis sociaux, notamment les bourses familiales, la baisse du coût de la vie et le respect des engagements envers les syndicats.

Il a également critiqué l’utilisation de fonds publics pour indemniser certains manifestants et pour l’acquisition de véhicules destinés aux députés, estimant qu’il s’agit d’un problème de priorités dans un contexte de difficultés économiques. « La priorité aujourd’hui, ce n’est pas d’acheter des véhicules à 50 millions pour des députés, mais de soulager des populations torturées, assoiffées et affamées », a-t-il déclaré.

Les propositions de « Sénégal Binu Bok »Au-delà des critiques, « Sénégal Binu Bok » avance plusieurs propositions. En particulier, un plan national structuré, financé et contrôlé pour l’immigration, un fonds de stabilisation pour l’aliment de bétail, un programme national de santé animale pour améliorer la production de lait et de viande, une réforme rigoureuse et transparente des finances publiques, un programme national de sécurisation côtière et un recasement digne et planifié des populations affectées par l’embouchure à Saint-Louis.

« Le Sénégal a besoin de leadership »

Dans un ton plus politique, Barthélémy Dias a estimé que le pays souffre d’un déficit d’autorité, de vision et de leadership. « Le Sénégal est malade. Il manque d’autorité, de leadership et de vision. Un État, c’est un État qui doit protéger, planifier et assumer », clash-t-il le pouvoir en place en appelant les Sénégalais à « réfléchir à la nécessité d’un Président avec une ambition et une vision », affirmant que son mouvement place « l’humain au cœur de ses priorités ».

S’inspirant de modèles comme celui de la France, il promet un accès universel et gratuit à l’éducation et à la santé. « L’humain doit être éduqué et en bonne santé. C’est une question de priorité », a-t-il conclu.

Mame Ndella FAYE