FACE-AU-FACE TENDU À L’ASSEMBLÉE NATIONALE: Anta Babacar Ngom attaque le gouvernement, un député de PASTEF contre-attaque
L’hémicycle s’est transformé en véritable arène politique, ce mardi 24 février, lors de la séance de questions d’actualité en présence du Premier ministre Ousmane Sonko. Une vive altercation a opposé la députée Anta Babacar Ngom à un parlementaire du Pastef, Aliou Diéye, provoquant un moment de forte tension au sein de l’Assemblée nationale.
Prenant la parole, la leader du mouvement Alternance pour la Relève Citoyenne (ARC) a livré un réquisitoire sévère contre le gouvernement. Elle a notamment interpellé le Premier ministre sur son déplacement au Maroc, consécutif à l’arrestation de ressortissants sénégalais, mais aussi sur la gestion des ressources naturelles du pays.
« Quand les Sénégalais sortiront-ils de cette pauvreté pour pouvoir faire face à leurs difficultés quotidiennes ? Où se situent, dans votre bilan, les revenus du pétrole, du gaz et de l’or ? », a-t-elle lancé, dénonçant un manque de visibilité sur la gestion de ces ressources stratégiques. Des propos qui ont immédiatement suscité des réactions sur les bancs de la majorité.
Une réplique virulente
Le député de Pastef, Aliou Diéye, n’a pas tardé à répliquer. Dans une sortie particulièrement offensive, il a ciblé le père de la députée, Babacar Ngom, directeur général de SEDIMA, l’accusant d’avoir « volé des milliards au peuple sénégalais ».« Certaines personnes sont là uniquement pour parler, alors que leurs pères ont pris des milliards au peuple. Avec tout ce que votre père a fait subir aux Sénégalais, vous venez dire que le pays ne marche pas ? », a-t-il asséné.
Le parlementaire a également évoqué le conflit foncier de Ndeguéler, rappelant les positions historiques de son camp politique sur cette affaire. Il a affirmé que sous le régime du président Bassirou Diomaye Faye, « de telles situations ne se reproduiront plus », citant au passage une formule wolof devenue emblématique dans le discours politique actuel.
Micro coupé et indignation
Visiblement touchée par ces attaques personnelles, Anta Babacar Ngom a tenté de répliquer. Mais son micro a été coupé, accentuant la tension. À la sortie de l’hémicycle, la parlementaire a dénoncé des propos qu’elle juge inacceptables. « Les questions que j’ai posées ne méritaient pas que l’on insulte ma famille », a-t-elle regretté, visiblement affectée.
Sonko tente de détendre l’atmosphère
Invité à répondre aux questions soulevées, le Premier ministre Ousmane Sonko a apporté des éléments d’explication sur la gestion des ressources naturelles et sur son déplacement au Maroc. Dans un ton plus léger, il a également tenté d’apaiser les tensions.« Alioune, laisse tranquille le père d’Anta Babacar Ngom. C’est mon oncle, comme toi tu es mon oncle », a-t-il lancé, provoquant quelques rires dans l’hémicycle.
Depuis cet échange musclé, la députée Anta Babacar Ngom affirme être la cible d’attaques et d’injures sur les réseaux sociaux de la part de militants se réclamant de la mouvance patriotique.
Cet épisode illustre une fois de plus la crispation du climat politique au sein de l’Assemblée nationale, où les débats de fond peinent parfois à s’imposer face aux attaques personnelles.
Aissatou Mbène COULIBALY

