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Emmanuel Macron inaugure le salon de l’agriculture 2026 sur fond de fortes tensions avec les syndicats

le salon de l’agriculture 2026 sur fond de fortes

Le président français, Emmanuel Macron, a inauguré ce samedi 21 février le Salon international de l’agriculture. Une édition 2026 marquée par de fortes tensions avec différents syndicats agricoles qui ont boycotté la traditionnelle photo, alors que les agriculteurs et éleveurs peinent à joindre les deux bouts.

La Coordination rurale avait prévenu. Vendredi 20 février, les responsables du deuxième syndicat agricole français ont partagé leur ferme intention de boycotter l’inauguration, samedi 21 février, du Salon de l’agriculture surnommé le « salon de la souffrance ». En parallèle d’un appel à la mobilisation, son secrétaire général a par ailleurs « déconseillé » au chef de l’État de s’approcher de leur stand, dénonçant une « cogestion insupportable » entre le gouvernement et l’alliance FNSEA-JA qui domine encore le syndicalisme agricole.En l’absence de vache et de deux des principaux syndicats agricoles – la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne (CP) – sur la photo officielle, Emmanuel Macron a informé qu’il verrait ensuite « avec la ministre, en bilatéral, chacun des syndicats qui le souhaite », quelques minutes avant l’inauguration du Salon. « C’est un moment où tout le monde doit être derrière la ferme française, pas un moment de division », a-t-il appuyé.Bien que les intentions de la CR aient inquiété, le chef de l’État étant entouré d’un important dispositif policier, aucun « bonnet jaune » n’a été aperçu et l’Élysée a annoncé plus tard dans la matinée qu’une rencontre s’était tenue avec le secrétaire général de la CR, Bertrand Venteau, accompagné du représentant du Lot-et-Garonne, José Pérez.Refus d’une « vitrine de communication déconnectée »Dans des communiqués, la CR et la CP ont souligné qu’elles ne souhaitent pas que le Salon devienne un vernis qui cacherait les nombreuses difficultés rencontrées au quotidien par les agriculteurs et éleveurs : le Salon international de l’agriculture « ne peut pas devenir une vitrine de communication déconnectée du terrain », conteste un communiqué diffusé sur le compte X de la CR

Depuis dix ans, le nombre d’agriculteurs n’a cessé de baisser en France et les crises se sont accumulées. Trois hivers de suite, les agriculteurs ont sorti les tracteurs des hangars pour aller manifester dans les villes ou bloquer des autoroutes. En 2024, pour demander du revenu, de la considération et un avenir ; en 2025 pour demander la concrétisation des promesses, repoussées par l’instabilité gouvernementale. Et dernièrement, en 2026, c’est la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest qui a fait déborder le vase, s’ajoutant aux inquiétudes sur l’accord de libre-échange Union européenne-Mercosur, une balance commerciale agroalimentaire au bord du déficit et des aléas climatiques toujours plus intenses.Absence de vache malgré l’épidémie de dermatose endiguée« Par les choix sanitaires défendus par le gouvernement, on peut se féliciter d’être en train de gagner durablement le combat contre la dermatose », a déclaré Emmanuel Macron, samedi matin. Aucun nouveau foyer ne s’est déclaré depuis le 2 janvier et des restrictions ont été levées dans le Sud-Ouest vendredi 20 février.

Mais les éleveurs n’ont pas pour autant révisé leur décision de ne pas amener de bovins au salon et la CR comme la CP continuent de contester la politique d’abattage total des troupeaux infectés.Les tempêtes et les crues qui ont submergé de nombreuses cultures ces derniers jours ont assombri encore plus les esprits des agriculteurs, dont beaucoup n’ont pas la tête à la fête.Plusieurs organismes peinent à mobiliser des bénévoles pour tenir les stands à la porte de Versailles, alors que les organisateurs ont tout fait pour tenter de maintenir la convivialité et l’esprit familial du rendez-vous sans ses habituelles stars bovines.