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CRIMINALISATION DE L’HOMOSEXUALITE: « And Samm Jikko Yi » hausse le ton et lance un ultimatum au gouvernement

L’organisation « And Samm Jikko Yi » a sommé les autorités de tenir leurs engagements sur la criminalisation de l’homosexualité, fixant la date du 8 avril comme échéance. Faute de réponse concrète, le mouvement annonce qu’il prendra « les mesures nécessaires », sans en préciser la nature.

L’organisation islamique « And Samm Jikko Yi » a tenu un point de presse, hier, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « scandale de l’homosexualité » au Sénégal et exiger sa criminalisation. Face à la presse, la présidente Adji Ndeye Diop, entourée de ses camarades, a lancé un appel pressant aux autorités étatiques, assorti d’un ultimatum fixé au 8 avril prochain.

Lors de cette rencontre, les responsables de l’organisation ont évoqué le démantèlement présumé d’un réseau criminel transcontinental par la police sénégalaise et la police française. Selon leurs déclarations, ce réseau serait impliqué dans des faits d’exploitation sexuelle et de transmission volontaire du VIH. Les intervenants ont dénoncé des pratiques qu’ils jugent « inacceptables » et ont appelé à un sursaut national.Toutefois, ces affirmations n’ont pas été accompagnées, lors du point de presse, d’éléments judiciaires détaillés ou de communications officielles confirmant l’ensemble des accusations avancées.Profitant de cette tribune, « And Samm Jikko Yi » a vivement critiqué le cadre juridique sénégalais.

Son porte-parole, Babacar Mboup, s’est interrogé sur le caractère laïc de l’État sénégalais, affirmant que le pays est « musulman à 96% et croyant à 100% ».L’organisation estime que la Constitution sénégalaise, qu’elle qualifie de « réplique de la Constitution française », ainsi que certaines conventions internationales ratifiées par le Sénégal – notamment le Protocole de Maputo – constitueraient des obstacles à une répression plus sévère de l’homosexualité.

Elle soutient par ailleurs que l’article 319, alinéa 3 du Code pénal serait insuffisant et dénonce ce qu’elle considère comme une législation « laxiste ». Les responsables de « And Samm Jikko Yi » affirment avoir entrepris plusieurs démarches depuis l’accession au pouvoir des nouvelles autorités en mars 2024.

Un ultimatum fixé au 8 avrilNotamment, une correspondance adressée le 24 mai 2024, une lettre envoyée le 13 janvier 2025 au Président Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko, une audience avec le Président de l’Assemblée nationale le 20 février 2025, une rencontre avec le groupe parlementaire Pastef le 20 mai 2025 et l’organisation de rassemblements, dont la « Journée Raibon » à Kolda le 11 janvier 2026.

Selon l’organisation, ces différentes initiatives n’auraient abouti qu’à « de vagues promesses ».Rappelant que le gouvernement actuel a été élu sur la base d’une promesse de « rupture » et de « souveraineté nationale », notamment face aux pressions internationales sur les questions sociétales, « And Samm Jikko Yi » exhorte les autorités à tenir leurs engagements de campagne.

« Vous allez criminaliser l’homosexualité. Vous le ferez parce que ce fut votre promesse principale de campagne », ont lancé les responsables de l’organisation.

Ils fixent désormais la date butoir du 8 avril, précisant qu’au-delà de cette échéance, ils « se réservent la suite à donner à leur démarche », sans toutefois détailler les actions envisagées.

Abdoulaye DIAO