LA CHRONIQUE DE MLD: Les Lions, symboles du soft-power sénégalais. Par Mamadou Lamine DIATTA
Sur les quatre dernières éditions de la CAN, les Lions ont décroché de haute lutte une place de finaliste à trois reprises.Autrement dit, le Sénégal est la sélection la plus régulière en Afrique. Ce n’est pas rien et c’est ce qui explique le respect et la considération dont jouit ce pays (petit par la superficie et grand pour son capital humain) à travers le monde grâce à ses performances footbalistiques peu ordinaires. Surtout après avoir déjà battu des équipes prestigieuses comme le Brésil et l’Angleterre sans oublier la France en 2002.
Autrement dit, ces Lions ont fini d’acquérir un certain standing. Ils sont à ce jour les meilleurs ambassadeurs de cette nation qu’ils sont parvenus à mettre en fusion et en effervescence au moins le temps d’une phase finale de CAN qui dure au minimum un mois.
Voilà toute la magie du football et de tout ce qu’il charrie autour en termes de diplomatie sportive, d’influence, de soft-power et de positionnement du Sénégal sur l’échiquier géostratégique mondial.
Faudrait-il le rappeler, parmi les 4 demi-finalistes de cette CAN, on retrouve trois (3 )puissances économiques du continent à savoir le Nigeria, le Maroc et l’Egypte. Ce qui ajoute à la performance de nos 26 combattants.
Le regretté Pape Diouf, ancien Président de l’Olympique de Marseille avait vu juste avec ce message subliminal dans son livre-éponyme : « Le football, c’est bien plus qu’un jeu ». Oui, les enjeux du sport- roi dépassent de loin ces foules bigarrées et immenses qui se retrouvent dans les travées de nos stades en quête d’émotions, de sensations et de gloire pour leurs équipes.
Battre le Maroc sur ses terres…
L’expérience aidant, les Lions ont compris que la CAN est une course de fond, pas de vitesse. On comprend mieux les raisons pour lesquelles ils ont pratiquement joué à l’économie. Sans trop forcer leur talent. Sans user de toutes leurs possibilités.Ils ont maitrisé leur parcours. La profondeur de leur banc de touche explique exactement le fait qu’ils puissent ainsi s’offrir un tel luxe dans cette compétition assez relevée. Le Sénégal, c’est pratiquement l’anti-Nigeria d’autant que le bloc du géant africain avait quasiment tout donné pour avoir survolé la CAN avec 14 buts marqués avant de s’effondrer en demi-finale…
Pour Pape Thiaw et ses guerriers, reste maintenant à toucher le Graal pour une deuxième étoile continentale que le Maroc pays hôte convoite également. Et goûlument !
Le maître-mot en direction de nos favoris est clair comme l’eau de roche : Une finale ne se joue pas, elle se gagne ! Même si l’adversité est plus corsée contre le pays-organisateur. Clairement.
Cette sélection du Sénégal a la chance de disposer d’un effectif XXL.
Pour dire vrai, en analysant froidement la situation, on peut dire sans sourciller que jusque-là, le Maroc n’a rien montré et démontré de plus et de mieux que la super production des Lions. La froideur des statistiques de la compétition donne d’ailleurs un léger avantage à cette machine sénégalaise qui a marqué 12 buts pour 2 encaissés contre 9 buts marqués par les Marocains dans cette phase finale CAN pour un seul encaissé. Même si, précision de taille, le Maroc n’a pas perdu à Rabat lors de ses 39 derniers matchs officiels avec 33 victoires pour 6 matchs nuls.
Tout est dans l’état d’esprit.
Le Sénégal a les moyens humains, physiques techniques et tactiques pour remporter sa deuxième CAN quatre bonnes années après son premier sacre décroché en terre camerounaise.
Et puis, Pape Thiaw connaît bien le chemin.
Lors de notre odyssée victorieuse au Chan en 2023, la sélection qu’il manageait à l’époque avait battu l’Algérie qui jouait à domicile. Les Lions locaux de Thiaw avaient défié avec bonheur un public chauvin et un environnement hostile.
Le dimanche 18 janvier 2026, il s’agira plutôt de se défaire d’un Maroc qui court derrière un deuxième sacre cinquante ans après avoir remporté son seul trophée continental en 1976 en terre éthiopienne. Cette coupe chérifienne, sans doute rongée par la rouille, a dû prendre un coup de vieux. Ce qui donnera du piquant à la confrontation.

