AUTORITE, AMBITION ET LIONS SOUS PRESSION: Pape Thiaw durcit le ton
Légèrement tendu mais déterminé, Pape Thiaw s’est présenté devant la presse au moment de dévoiler la liste des 28 Lions pour la CAN 2025, samedi dernier. Entre justification de ses choix, rappel du cadre, appel à l’unité et message d’autorité, le sélectionneur a livré une conférence dense, révélatrice des enjeux et de la pression qui entourent le Sénégal à l’approche du tournoi continental.
Une sélection sans état d’âme«
Avec la richesse du vivier sénégalais, si ces joueurs n’avaient pas le niveau requis, ils ne figureraient tout simplement pas sur cette liste. En matière de sélection, je n’ai jamais vu de ‘passe-droit’. Il n’y a que le Sénégal qui compte. C’est un pays exigeant, un pays passionné par son équipe nationale. Quand je fais des choix, je dois être convaincu que les joueurs sélectionnés donneront le maximum. Et je peux vous assurer qu’ils sont motivés et qu’ils se battront pour ce maillot ».
Préparation escamotée, absence matchs amicaux
« Vous avez en partie répondu à votre propre question. En Afrique, certaines situations passent parfois inaperçues. Aujourd’hui, si le sujet est sur la table, c’est aussi parce que quelqu’un comme Habib Beye a osé en parler. C’est vrai que cela a bousculé notre programmation, mais nous allons nous adapter. Nous ne sommes pas le seul pays dans ce cas-là. Tout le monde est concerné. L’essentiel, c’est de rester concentrés sur notre objectif, quoi qu’il arrive. Concernant l’absence de matchs amicaux, bien sûr que nous aurions aimé jouer, surtout devant notre public, qui a toujours répondu présent et qui nous soutient partout. Nous aurions aimé lui offrir ces rencontres ici, mais cela n’a pas été possible. Il faut donc s’adapter, comme le prévoit le règlement de la FIFA. Au Sénégal, nous avons toujours préparé les compétitions avec sérieux. Nous allons aborder les matchs un par un. La CAN, c’est une compétition particulière, avec une phase de groupes, puis des matchs à élimination directe où la moindre erreur se paie cash. Nous serons prêts pour tous les scénarios. (…) Nous disposons d’un effectif qui mérite d’être là. Ce sont des joueurs prêts à mouiller le maillot. Malheureusement, on ne peut pas sélectionner tout le monde, mais avec ce groupe, nous pouvons accomplir quelque chose de fort. J’ai confiance, surtout avec le soutien du peuple sénégalais et celui des journaliste ».
Favori assumé
« Cette CAN sera, je l’espère, une grande fête. Comme au CHAN, nous voulons offrir quelque chose de fort au peuple. J’ai appris aux côtés d’un entraîneur qui a remporté cette compétition, et cette expérience m’a beaucoup servi. Aujourd’hui, nous visons une nouvelle étoile. Nous savons que ce ne sera pas facile. Nous faisons partie des favoris, nous ne le cachons pas. C’est le statut du Sénégal qui veut cela. Partout où nous irons, il n’y aura aucun match facile. À nous de bien nous préparer et de franchir chaque obstacle ».
Cadres expérimentés et jeunesse ambitieuse
« Nous avons la chance de compter sur des cadres comme Kalidou Koulibaly, Édouard Mendy, Idrissa Gana Gueye ou Sadio Mané. C’est une richesse énorme. Et derrière eux, il y a des jeunes talentueux. Avec de tels leaders, l’intégration des jeunes est facilitée, même si notre rôle reste de bien les accompagner. Certains cadres vivent peut-être leur dernière CAN, et les jeunes doivent tout donner pour leur offrir une fin en apothéose ».
Attente autour de la liste
« Cette préparation a été chamboulée pour tout le monde, y compris pour le public. Je n’avais jamais vu une telle attente autour d’une liste. Même ma fille de six ans m’en a parlé. Cela montre à quel point cette équipe est suivie ».Manque de poigne« J’ai bossé pour être là. Personne ne me l’a donné. J’ai rampé pour être dans cette sélection. (…) Parce que je suis quelqu’un de très gentil. Peut-être que je ne parle pas. J’ouvre à tout le monde et les gens confondent gentillesse et ‘Niakeu Fayda’ (…) mes décisions, je les prends. La fédération et le ministère ont pris toutes les dispositions nécessaires et j’espère que vous aussi (la presse) vous ne serez pas fâchés contre moi. Car vous parliez de bunkeriser, on va le faire ».
Mouhamed DIEDHIOU

