LOURDE CHARGE DA’YIB DAFFÉ: « Aminata Touré elle-même est un facteur de division, d’exclusion et de désunion »
La crise autour de la restructuration de la coalition « Diomaye-Président » continue d’alimenter les tensions au sommet de l’État. Après l’audience entre le chef de l’État et Ousmane Sonko, les divergences restent entières. Le Pastef campe sur ses positions et refuse catégoriquement la nomination d’Aminata Touré Mimi à la tête du processus de relookage politique.
Interrogé sur la situation dans l’émission « Objection » de Sud FM dont il était l’invité ce dimanche, le président du groupe parlementaire de Pastef, le député Ayib Daffé s’est montré particulièrement critique envers le choix du président. Il dénonce un procédé « inélégant » et une mise à l’écart du parti moteur de la coalition.
« Que Aminata Touré à qui le communiqué profite le partage dans le groupe de la conférence des leaders est inélégant. En tant que parti fondateur et locomotive de la coalition, Pastef aurait dû être associé dans ce processus de désignation et consulté en amont », martèle-t-il.
Pour Ayib Daffé, le rappel effectué par le BP du Pastef est clair. « Notre communiqué a rappelé que le président Bassirou Diomaye Faye n’a pas le droit de démettre unilatéralement Aida Mbodj et de nommer quelqu’un d’autre sans pour autant que Pastef soit associé », dit-il, estimant par ailleurs que le chef de l’État n’a « jamais été président de la coalition », mais simplement son « candidat ». Et sa démission de la tête du Pastef, pour se placer « au-dessus de la mêlée », crée selon lui « une contradiction profonde ».
Revenant sur la figure d’Aminata Touré, l’ex-membre de Benno, Daffé juge son choix totalement contre-productif. « Aminata Touré a été désignée pour réunir et mettre fin aux divisions, mais elle-même est un facteur de division, d’exclusion et de désunion, puisqu’elle n’a pas de bons rapports avec Pastef », affirme le parlementaire, pour qui, les premiers actes posés par Mimi Touré confortent cette position.
« Ce qu’elle est en train de faire, c’est du recyclage de ses anciens camarades de l’APR qui n’ont jamais soutenu le ‘projet’ et ne croient pas à la transformation systémique », charge-t-il.Il va encore plus loin, jugeant ce processus offensant au regard du passé récent. « Je crois que cela, c’est insulter la mémoire des martyrs et des victimes des évènements de 2021 à 2024. Cela est complètement inacceptable », martèle Ayib Daffé, qui est d’avis que le risque politique est clair.
« Aminata Touré est en train d’entraîner le président Faye à renier ses propres engagements », clame-t-il, avant d’affirmer que Pastef ne fera aucune concession sur cette nomination, considérée comme une ligne rouge dans la recomposition de la coalition au pouvoir.
Ayib Daffé reconnait, en outre, l’existence de « difficultés » au sein du pouvoir. « Il faut le convenir, on est dans un contexte politique difficile et délicat. Dans mon expérience politique, je n’ai jamais traversé ce genre de situation.
Cependant, il ne faut pas exagérer ou être catastrophiste. Il faut reconnaître quand même qu’il y a des difficultés », ajoute-t-il, tout en écartant la probabilité d’une rupture. « En tant que militant et patriote, nous sommes préparés pour affronter et surmonter ce genre de situation », termine-t-il.
Lamine DIEDHIOU

