SALAMANE BA DÉCORTIQUE LES DEUX VISAGES DES LIONS: Une leçon brésilienne, un récital inutile face au Kenya
À quelques semaines de la CAN 2025 et en ligne de mire la Coupe du monde 2026, les Lions du Sénégal ont livré deux matchs amicaux aux enseignements radicalement opposés, en cette fenêtre FIFA du mois de novembre. Entre la démonstration tactique du Brésil et le vide collectif du Kenya, l’entraîneur Salamane Ba livre une analyse sans concession, pointant les lacunes à corriger et les certitudes à consolider.
Brésil : un révélateur brutal des failles sénégalaises
« Pour Salamane Ba, face au Brésil, samedi dernier, le Sénégal a confirmé un mal récurrent. « On entre difficilement dans les matchs, comme contre l’Angleterre ou la RDC. Sauf que contre le Brésil, on n’est jamais revenus. Les Brésiliens ont imposé un pressing haut étouffant, empêchant toute relance propre. Deux problèmes majeurs en sont ressortis.
Edouard Mendy, peu à l’aise au pied, n’a pu servir de première rampe. Idrissa Gana Gueye, aligné devant la défense, a subi la pression et n’a pas aidé à ressortir proprement. Résultat, aucune solution, des pertes de balle en série, et des Brésiliens qui ont gagné quasiment tous les duels.Le Sénégal, habituellement solide dans la conservation, a été privé d’air. Koulibaly lui-même est sorti de son match, signe d’une équipe dépassée par l’intensité et par les provocations d’un Vinicius Jr qui a pourri le match. D’où une domination totale dans les transitions du Brésil qui a brillé par sa vitesse, sa précision, ses transitions éclairs et le rôle dévastateur de Rodrygo, joueur libre et créateur de surnombre.Un constat est sans appel cependant. Il n’y a aujourd’hui aucune équipe africaine capable de jouer à ce niveau d’intensité.
Toutefois, c’est une alerte en vue du Mondial. Ce choc est une bénédiction. Il expose clairement les lacunes à corriger. Il montre le niveau mondial auquel les Lions seront confrontés en 2026 ».
Kenya : une large victoire… sans enseignement
« Le Kenya est un adversaire trop faible pour servir de test. La victoire 8-0 n’a aucune valeur technique. C’était le néant tactique en face. Tu ne peux rien analyser. Le choix d’un Kenya affaibli pose question, surtout après un duel d’exigence comme le Brésil. Le 3-4-3 testé par Pape Thiaw est séduisant sur le papier, mais… On ne peut juger ni les forces ni les faiblesses, il n’y avait aucune opposition.
Les seules satisfactions, c’est la confiance et les jeunes qui ont eu leur chance. Le match a en effet offert un regain de confiance à Nicolas Jackson, des performances encourageantes de Mamadou Sarr, Ibrahima Mbaye, Rassoul Ndiaye, des minutes précieuses donc pour les nouveaux venus en vue de la CAN ».
Enseignements croisés à l’approche de la CAN 2025
« Le Brésil a été un match qui montre où il faut progresser. La relance sous pression, la réaction mentale, la gestion des transitions adverses, la réorganisation tactique, les coups de pieds arrêtés défensifs. Le Brésil a mis à nu nos lacunes, nos axes de travail. Le Kenya a lui été une simple formalité. Le score historique 8-0 est là, mais il n’y a aucune plus-value sportive. C’est un match utile seulement pour les statistiques et la confiance ».
La profondeur de banc, un atout majeur« La force du Sénégal reste son réservoir de talents, comparable aujourd’hui seulement à celui du Maroc. La présence de jeunes joueurs déjà habitués aux joutes européennes crée une compétition saine, une transition générationnelle maîtrisée et un banc solide, qui sera déterminant en CAN. Certains cadres n’ont plus que une ou deux grandes compétitions. La relève est là ».
Le groupe pour la CAN déjà connu à 90%« Le match contre le Brésil est la vraie référence. Celui-là, il faut le travailler. Le reste (Kenya), c’est pour les archives. Je pense que Pape Thiaw connaît quasiment sa liste définitive pour la CAN à 90%. Les nouveaux venus servent à tester la vie de groupe, équilibrer la future liste, éviter les tensions pendant la CAN et préparer l’avenir à moyen terme ».
Fatou DIOUF

