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FOOT : BRESIL-SENEGAL DE CE SAMEDI A 16H A LONDRES: Les Lions pour encore faire danser le Mbalax à la Samba !

Jamais battu par la Seleção, l’équipe nationale du Sénégal retrouve celle du Brésil ce samedi, à 16h, à l’Emirates Stadium de Londres. Un match amical de prestige, mais surtout un choc chargé d’histoire, de revanche et de vérité, entre une nation africaine en pleine affirmation et un géant mondial en quête de certitudes.

Leur histoire commune est récente, mais déjà teintée d’un rapport de force inattendu. Brésil-Sénégal, acte III, sent la poudre. La Seleção veut laver l’affront de 2023, les Lions veulent confirmer une tendance lourde. Deux confrontations, aucune défaite sénégalaise, et une victoire devenue référence.

De quoi nourrir l’ambition d’une équipe décidée à s’installer durablement parmi les grandes nations.Le premier acte, en 2019, avait surpris le monde. Devant le public de Singapour, le Sénégal avait tenu tête à un Brésil mené par Neymar, qui disputait alors son 100ᵉ match en Seleção. Quatre ans plus tard, la claque fut totale.

Le 20 juin 2023, à Lisbonne, le Sénégal renversait un Brésil en reconstruction (4-2), dans un match d’une intensité rare et où Sadio avait planté un doublé. La Seleção avait certes réagi, mais elle avait surtout subi la vitesse, l’impact, les transitions, l’organisation compacte des Lions, la montée en puissance d’une équipe qui, ce soir-là, a envoyé un message clair : l’Afrique sait aussi dominer les géants.

Londres, un théâtre idéal pour la confirmation

Ce troisième rendez-vous sera un choc de styles, comme les précédents. Le Brésil brille dans la combinaison, la fluidité, les attaques rapides. Le Sénégal impose ses transitions tranchantes, son jeu vertical, sa puissance dans les duels. Lors des deux premières rencontres, les Lions ont marqué sur des phases qu’ils maîtrisent parfaitement : pression, récupération haute, projection immédiate. Les penalties obtenus en 2019 et 2023 ne doivent rien au hasard.

Ils disent l’agressivité, la lucidité et l’impact physique d’une équipe qui sait faire déjouer la Seleção.Cette fois, le décor change. Londres, l’Emirates Stadium, un match à guichets fermés et deux équipes à un tournant. Le Sénégal arrive avec une nouvelle génération affamée, décidée à s’installer dans le très haut niveau.

Avec un groupe mêlant cadres solides (Koulibaly, Mendy, Gana, Sadio, Sarr) et jeunes en pleine émergence, Pape Thiaw entend tester des associations, des automatismes, et jauger l’état d’esprit général. Car, si la CAN 2025 est déjà dans toutes les têtes, c’est bien maintenant que se construisent les certitudes. L’autre enjeu, intangible mais essentiel, se situe dans le regard du monde. Le Sénégal ne surprend plus, il attire le respect.

Sa victoire de juin dernier contre l’Angleterre a rappelé que les Lions sont désormais capables de rivaliser avec les géants du football. Mais pour confirmer ce statut, il faut répéter les performances, imprimer une régularité de grande nation. Londres offre ce théâtre-là, avec une pression proportionnelle à l’attente.

Pour réussir ce test, Pape Thiaw devrait évoluer dans un 4-3-3 avec l’éventualité d’un Sadio Mané en faux neuf dans une attaque aux côtés d’Iliman et Ismaïla Sarr. Il pourra compter sur tout son groupe à l’exception d’Habib Diallo, forfait, et sans Assane Diao, toujours gêné physiquement et qui a finalement quitté le rassemblement.

« Le Sénégal est une équipe très forte »

Le Brésil, lui, veut reprendre le contrôle après une période troublée, et la présence de Carlo Ancelotti sur le banc ajoute une dimension supplémentaire. L’Italien, impressionné, ne s’en cache pas. « Les équipes africaines ont des caractéristiques différentes et peuvent surprendre. Le Maroc l’a montré au dernier Mondial. C’est une équipe avec de belles qualités individuelles, une bonne organisation offensive et défensivement solide, et des joueurs très expérimentés.

Le Sénégal n’est pas une équipe forte, c’est plutôt une équipe très, très forte, qui joue un jeu direct. Ils comptent d’excellents joueurs. On a beaucoup de respect pour eux. C’est une équipe intense, bien organisée, physique. J’ai eu la chance d’entraîner Koulibaly, l’un des plus grands défenseurs que j’ai coachés », a soutenu l’ancien technicien du Real Madrid.

La Seleção ne veut plus subir. Elle veut frapper fort, briser la série, rappeler son statut. Pour y arriver Ancelotti devrait sortir son meilleur onze possible avec une défense (Militao, Marquinhos, Gabriel, Alex Sandro), un double pivot travailleur (Casemiro, Guimaraes) et un quatuor offensif ambitieux (Vini Jr, Rodrygo, Estevao, Cunha).

Mais les Lions, eux, n’ont aucune intention de faire marche arrière. Ils savent qu’un succès à Londres représenterait une confirmation, un signal, une page supplémentaire dans une histoire qui, pour l’instant, penche de leur côté. Amical, ce Brésil-Sénégal ? Pas vraiment. C’est un test d’identité, un duel de crédibilité, un match qui compte. Beaucoup.

Mouhamed DIEDHIOU