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GUÉDÉ VILLAGE: 200 hectares de périmètres de riz et de gombo englouties sous les eaux

Après vingt jours de surveillance, la digue de protection des périmètres agricoles de Guédé Village, dans le département de Podor, a finalement cédé. L’eau s’est infiltrée, submergeant les champs sous le regard impuissant des paysans. Une situation dramatique qui plonge les producteurs dans le désarroi le plus total.

Le spectacle est désolant : des dizaines d’hectares des parcelles de riz, presque au stade d’épiaison, ainsi que les cultures de gombo, sont entièrement englouties par les eaux à la suite du débordement du fleuve Sénégal qui est en crue. Ce scénario s’est produit ce week-end, sous les yeux impuissants des agriculteurs qui appellent désormais à l’aide des pouvoirs publics.

Selon les producteurs, cette inondation résulte des lâchers d’eau du barrage de Manantali constatés depuis plusieurs semaines. Les flux ont gagné les affluents du fleuve avant d’atteindre les périmètres irrigués villageois (PIV). Plusieurs localités du département sont actuellement touchées par ce phénomène naturel.

Mais Guédé Village, chef-lieu de la commune, reste le plus durement frappé : toutes les cultures y sont submergées sur plusieurs hectares.« Les parcelles concernées se trouvent dans les périmètres irrigués IT1, IT2, IT3 et IT4, aménagés en 1989 grâce à un financement de la Coopération italienne. Cela représente environ 200 hectares exploités par 200 ménages », explique Yaya Oumar Aw, notable et acteur agricole du village.

Cette année, précise-t-il, les IT1 et IT2 n’ont pas été exploités en campagne hivernale. Seuls les IT3 et IT4 ont été mis en valeur. « Les producteurs de l’IT3 avaient cultivé 20 hectares de riz, presque à maturité, financés sur fonds propres. Aujourd’hui, près de 90% de ces cultures sont sous l’eau. Ceux de l’IT4 avaient planté du gombo sur 15 hectares, dont 80% sont engloutis. Non seulement ils sont sinistrés, mais les périmètres des IT1 et IT2 ont également subi des dégâts, ce qui compromet la campagne de contre-saison, habituellement consacrée à l’oignon et à la tomate », regrette-t-il.

Face à cette catastrophe, les producteurs lancent un appel pressant à l’État pour une assistance d’urgence. « Il faut que l’État réagisse vite pour soutenir les familles touchées avec des vivres et du matériel, mais surtout pour réhabiliter les périmètres irrigués. C’est la seule manière de nous permettre de reprendre nos activités », plaide M. Aw.Il se veut toutefois rassurant quant à la sécurité des habitations.

« Les maisons des villages ne sont pas menacées, grâce à l’intervention rapide de la Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations, sollicitée par le maire de Guédé Village, Oumar Baba Ba, que nous remercions vivement », conclut-il.

Mariem DIA