BADARA SALL, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ORGANISATION DES PAYSANS DU SÉNÉGAL (OPS): « Nous voulons un prix du kilogramme d’arachide entre 450 et 500 francs »
Alors que le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA) s’apprête à fixer le prix du kilogramme pour la nouvelle campagne, l’Organisation des Paysans du Sénégal (OPS) plaide pour une revalorisation. Son secrétaire général, Badara Sall, estime qu’il est temps de mieux rémunérer les producteurs.
« En tant qu’organisation paysanne, nous tirons un bilan globalement satisfaisant de la campagne agricole », confie Badara Sall.Selon lui, les résultats sont particulièrement encourageants dans la vallée du fleuve Sénégal, où la production de riz paddy a atteint 442 000 tonnes, un record inédit depuis plusieurs années.
« Dans le bassin arachidier, la campagne est également prometteuse, tout comme pour le maïs, le sorgho et le coton », souligne-t-il.Cependant, le secrétaire général note quelques difficultés dans le bassin de l’Anambé, où seuls 1 935 hectares sur les 5 000 disponibles ont pu être cultivés.
Badara Sall explique cette sous-exploitation par des problèmes d’aménagement et de gestion des eaux . « Il y avait trop d’eau, ce qui a rendu impraticables près de 3 000 hectares. Il est urgent de mettre en place un système de drainage adéquat pour faciliter le travail des producteurs », plaide-t-il.
L’OPS appelle également à un meilleur accompagnement en équipements agricoles. « Les coopératives disposent de moissonneuses-batteuses, mais les producteurs privés, qui exploitent de grandes surfaces, n’en ont pas. L’État doit les appuyer pour renforcer la mécanisation », ajoute-t-il.Sur la question du prix de l’arachide, l’OPS se montre ferme.
« Nous ne voulons pas du maintien du prix à 325 francs comme l’an dernier. Nous demandons un prix situé entre 450 et 500 francs le kilogramme, c’est le minimum », insiste Badara Sall.Selon lui, cette hausse est indispensable pour soulager les producteurs durement touchés la saison précédente. « Beaucoup d’agriculteurs ont souffert. L’État doit désormais aller dans le sens d’alléger leurs difficultés et leur permettre de vivre dignement de leur travail », estime-t-il.
Au-delà du prix, l’OPS appelle à une refonte des politiques agricoles en faveur des exploitations familiales. « Ce sont elles qui nourrissent la majorité des Sénégalais. Il faut revoir la politique nationale pour mieux les soutenir et valoriser leur rôle dans la sécurité alimentaire », conclut le secrétaire général de l’OPS.
Mamadou L. CAMARA

