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MISE AU POINT DU PM OUSMANE SONKO: « Ce n’est pas un accord de 1,8 milliard de dollars avec le FMI qui réglera les problèmes budgétaires du Sénégal »

Lors de la cérémonie d’ouverture de la deuxième édition du Forum Invest in Senegal (FII Sénégal 2025), le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à clarifier la place du Fonds monétaire international (FMI) dans la stratégie budgétaire nationale. Sans détour, il a rappelé que la souveraineté économique du Sénégal repose avant tout sur la mobilisation de ses propres forces.

« Le débat interne, alimenté par une certaine propagande médiatique, laisse croire que le sort du Sénégal dépend de l’extérieur, en particulier du FMI. Ce n’est pas le cas », a déclaré Ousmane Sonko devant un parterre d’investisseurs, de partenaires et d’acteurs économiques.

« L’avenir du Sénégal ne dépend pas de l’extérieur »

Selon le Premier ministre, si le partenariat avec l’institution de Bretton Woods est « important », il ne saurait être considéré comme une solution miracle. « Le sort du Sénégal dépend d’abord du peuple sénégalais lui-même, de sa capacité à faire le sursaut nécessaire à travers notre Plan de redressement économique et social. L’avenir du Sénégal ne dépend pas de l’extérieur », a clamé Ousmane Sonko.Reconnaissant la complexité du contexte économique, le chef du gouvernement a évoqué les conclusions d’un audit qui a mis en évidence une part importante de dettes non déclarées. Pour lui, cette situation appelle à un effort d’assainissement et de rigueur avant toute quête d’appuis extérieurs.« Tout dépendra des efforts de redressement budgétaire que nous entreprendrons, et qui crédibiliseront le Sénégal auprès de ses partenaires. Ce n’est pas un accord de 1,8 milliard de dollars avec le FMI qui réglera nos problèmes, mais il peut servir de caution pour rassurer les investisseurs et faciliter l’accès au marché », a-t-il indiqué.

Repenser le multilatéralisme mondial

Ousmane Sonko a également profité de l’occasion pour plaider en faveur d’une réforme du système multilatéral mondial, qu’il juge trop dépendant de la validation d’institutions financières internationales. « Nous, Africains, restons attachés au multilatéralisme, mais il faut reconnaître qu’il y a des pans entiers à revoir. Aujourd’hui encore, la coopération avec certains pays est conditionnée à ‘l’avis du FMI’. C’est une question sur laquelle il faut une réflexion profonde », a-t-il dit.

Le Premier ministre a conclu son intervention sur un message fort d’émancipation et de responsabilité collective. « Les pays africains doivent d’abord compter sur eux-mêmes. C’est ainsi qu’ils rassureront leurs partenaires, qui viendront ensuite avec plus de confiance », a-t-il confié. Ces propos, salués par de vifs applaudissements, ont donné le ton d’un discours résolument tourné vers une souveraineté économique assumée et un partenariat international fondé sur la confiance mutuelle.

Mame Ndella FAYE