France: la présidente du tribunal ayant condamné Nicolas Sarkozy menacée de mort
La présidente du tribunal correctionnel qui a condamné Nicolas Sarkozy a reçu des messages menaçants. Les investigations ont été confiées au pôle national de lutte contre la haine en ligne. L’Union syndicale des magistrats a annoncé avoir fait des signalements à la justice sur les menaces visant la magistrate. Le parquet de Paris a ouvert deux enquêtes suite à cette affaire.
Il ne s’agit pas d’une insulte. La présidente du tribunal correctionnel, qui a condamné Nicolas Sarkozy, a reçu une menace de mort sur les réseaux sociaux. Ludovic Frias est président de l’Union syndicale des magistrats. Il s’inquiète du fait que, depuis de nombreuses années, les juges et les magistrats soient pointés du doigt par les politiques.
« Je pense que le fait de désigner le juge comme un ennemi, c’est-à-dire pour contester sa décision sur la forme avant de la contester, au fond, c’est clairement mettre une cible dans le dos des magistrats, procureurs, juges concernés et quelque part, déchaîner les passions ou autoriser certains à se croire autorisés à pouvoir proférer des menaces, à pouvoir harceler et à pouvoir communiquer sur les réseaux, les coordonnées ou les photos des collègues concernés », explique-t-il. « Le tribunal n’a pas jugé les idées de Nicolas Sarkozy, n’a pas jugé Nicolas Sarkozy l’homme politique. Le tribunal a jugé des faits qui auraient été commis par un homme. Cet homme, il se trouve que c’est Nicolas Sarkozy. »
Une situation alarmante, estime l’Union syndicale des magistrats
Cette menace de mort, publiée sur les réseaux sociaux, est d’autant plus alarmante qu’elle est accompagnée de l’adresse et d’une photo de la magistrate.
« C’est inquiétant parce que la justice doit être rendue de façon, à mon sens, sereine, et elle doit être contestée par les voies de droit et les voies de l’appel », souligne Ludovic Frias. « Là, on voit bien qu’il y a une autre stratégie. On va directement, avant même l’appel, sur le terrain politique et médiatique pour déconsidérer la décision rendue et puis on s’attaque aux magistrats, ce qui est une façon aussi, quelque part, de ne pas parler du fond du dossier. »
« Je pense qu’il faut qu’on parle du fond du dossier. Il y a appel, il n’y a pas de souci là-dessus. Le fond du dossier, c’est quand même rien que moins qu’un dossier de corruption, corruption au plus haut niveau de l’État et corruption avec un des pires dictateurs africains de l’époque qui avait du sang de concitoyens sur les mains », estime-t-il.

