Reconnaissance de l’État de Palestine: une prise de risque pour la France dans un moment de tensions
Emmanuel Macron s’apprête à prononcer, lundi 22 septembre, l’un des discours qui marquera sa décennie à l’Élysée. Le président de la République va reconnaître l’État de Palestine lors d’une conférence coprésidée avec l’Arabie saoudite sur la solution à deux États au Proche-Orient, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Une prise de risque pour marquer l’histoire.
Emmanuel Macron a prévu une séquence très symbolique avant de prendre la parole à la tribune de l’ONU. Il rencontrera des membres des sociétés civiles israélienne et palestinienne, explique notre envoyé spécial à New York, Julien Chavanne. Il prononcera ensuite un discours historique : la France reconnaîtra officiellement l’État de Palestine.
Le président français sait que les mots qu’il va prononcer vont marquer une étape majeure pour la France et pour lui, rapporte notre autre envoyée spéciale à New York, Valérie Gas. Cette décision de reconnaître officiellement l’État de Palestine, le président l’a mûrie et préparée de longs mois, depuis qu’au retour d’un déplacement en avril à El-Arich en Égypte, en plein blocus israélien de Gaza, il avait annoncé son intention de franchir le pas, heurté par la situation humanitaire des civils palestiniens.
Il s’agissait d’une initiative solitaire, avaient tout de suite pointé ses adversaires. Emmanuel Macron s’est employé à leur donner tort. À New York, il n’arrive pas seul. Une dizaine d’États parmi lesquels des membres du G7 accompagnent la France. C’est cette unité qu’il va mettre en avant : montrer que la communauté internationale, dans sa globalité, pousse pour la solution à deux États pour mettre fin à la guerre à Gaza.
La décision de ce 22 septembre s’inscrit dans un processus initié par la France et l’Arabie Saoudite, un processus qui prévoit la mise à l’écart du Hamas palestinien, son exclusion de toute gouvernance palestinienne à l’avenir. Mais également une préparation du « jour d’après » à Gaza, après le cessez-le-feu et la libération des otages israéliens. Et enfin des élections palestiniennes.

