Nucléaire iranien: les Européens ont lancé le rétablissement des sanctions contre Téhéran
Face à l’impasse des négociations sur le nucléaire iranien, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont mis jeudi 28 août leur menace à exécution : les pays surnommés E3 enclenché la procédure de rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran dans 30 jours, via l’ONU. Téhéran, de son côté, a promis de « répondre de manière appropriée à cette action illégale et injustifiée ».
Les trois pays, surnommés E3, « souhaitent notifier le Conseil de sécurité que, sur la base de preuves factuelles, le E3 estime que l’Iran est en position de non-respect important de ses engagements » en vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015, le JCPOA, et « invoquent ainsi le mécanisme connu sous le nom du snapback ». Celui-ci ouvre un processus de 30 jours permettant de réimposer toute une série de sanctions suspendues il y a 10 ans, indique la lettre.
Dans un communiqué de la diplomatie iranienne, « le ministère iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré que l’Iran répondrait de manière appropriée à cette action illégale et injustifiée », a-t-il annoncé à l’issue d’un appel téléphonique entre M. Araghchi et ses homologues français, allemand et britannique. Même son de cloche du côté de l’ambassadeur russe à l’ONU, pour qui cette décision n’a « absolument aucune base légale ».
Signé par le E3, l’Iran, les États-Unis, la Chine et la Russie, le JCPOA suspend diverses sanctions économiques internationales prises par l’ONU contre l’Iran. Le gouvernement iranien, qui avait lancé un programme nucléaire secret, est accusé de vouloir se doter de l’arme atomique, ce qu’il réfute. L’accord avait été dénoncé en 2018 par les États-Unis qui ont rétabli leur propre volet de sanctions.
Le E3 menaçait de rétablir les sanctions avant l’expiration du mécanisme du « snapnack » le 18 octobre, faute de solution négociée.

