Société

Magal : la dévotion sous l’œil des caméras

Par Ndeye Fatou Diop

Chaque année, le Magal attire des millions de fidèles venus de partout. Mais derrière la ferveur religieuse, un autre phénomène prend de l’ampleur : shootings photo, lives sur TikTok et dérives festives s’invitent dans la cité sainte.

Le Magal est le théâtre de pèlerins venus des quatre coins du monde. Un moment de recueillement, de prêche et spirituel, se transforme depuis quelques années en séance de shooting. Beaucoup de ces « influenceurs » sur TikTok se servent de ce moment pour dérouler un tapis rouge et se bomber le torse. Chacun, pour ne pas dire chacune, a un ring light et un smartphone comme arme pour préparer la « guerre ».

Cette guerre médiatique débute le 17 Safar, en passant par le 18 au 19 Safar. Certains peuvent même commencer beaucoup plus tôt leur fête. Entre shooting, maquillage et perruques, elles jouent à la vedette. Ces pratiques, interdites dans la cité religieuse, se font en cachette et se découvrent par le grand public sur Snapchat, Facebook, Instagram ou sur TikTok… et s’accompagnent de commentaires comme : « deub na Maagal gui », « sagnsser na », « aka meune ».

Pire, certains ont même eu le cran d’organiser des séances de tam-tam en chantant et battant des mains. Ces gens se sont crus être dans un xaaware ou à une séance de bongo. Mais aussi, comme l’avait recommandé le Cheikh, profitent-ils de ces moments pour prendre un délicieux café Touba et écouter les précieux khassaïdes qu’il a légués ? Écoutent-ils le Coran ou connaissent-ils vraiment l’essence du Magal ? Des questions qui méritent de bonnes réponses.