France: un rapport pointe la présence de policiers infiltrés lors de manifestations contre l’A69
Dans le sud-ouest de la France, c’est un projet d’autoroute très contesté par les défenseurs de l’environnement : celui de l’A69 qui doit relier Toulouse et Castres. Ses opposants se mobilisent régulièrement pour demander l’arrêt du chantier, ce qui occasionne parfois des heurts avec les policiers et les gendarmes. Un rapport de l’Observatoire des pratiques policières de Toulouse et du Tarn pointe un dispositif de maintien de l’ordre « disproportionné » lors de la mobilisation qui s’est tenue du 4 au 6 juillet, un discours alarmiste des autorités et la présence de policiers infiltrés.
Quelque 700 manifestants ont pris part à une mobilisation contre l’A69, interdite par la préfecture. Le rassemblement se voulait « festif », assure ses organisateurs. Le rapport de l’Observatoire toulousain des pratiques policières pointe un dispositif de maintien de l’ordre « disproportionné », un discours alarmiste des autorités et la présence de policiers « infiltrés ».
1 600 policiers et gendarmes, des blindés et des lanceurs de grenades multi-coups. Pour Daniel Welzer-Lang, sociologue au CNRS et coordinateur de l’étude, c’est la preuve d’une militarisation croissante des opérations de maintien de l’ordre. « Ce sont des armes dangereuses qui ne sont utilisées qu’en cas d’émeutes graves, c’est-à-dire qu’on est dans la démesure », pointe le sociologue.
« Les autorités criminalisent à l’avance tout désaccord »
Cette opération est d’autant plus démesurée que la préfecture aurait eu recours à des policiers infiltrés, selon le rapport. « On a vu des zadistes sortir d’un bois et on a vu des gendarmes à côté. On s’est dit : « Qu’est-ce qui va se passer ? » Et on a vu un accueil très chaleureux des gendarmes sur ces zadistes-là. La préfecture avait infiltré des agents dans les manifestants », rapporte Daniel Welzer-Lang.
La préfecture ne pouvait donc pas ignorer que les intentions des manifestants étaient festive, estime le rapport. Les auteurs accusent le ministère de l’Intérieur et le préfet du Tarn de manipulation de l’opinion publique. « Quand il annonce la veille et le jour même qu’il va y avoir des grands affrontements, il ment ! Il ment pour faire croire que les écologistes sont des personnes dangereuses. On a un discours des autorités qui criminalise à l’avance toute expression de désaccord », conclut-il.
La préfecture a répondu dans un communiqué. Pour le préfet, le dispositif de police se justifie par les agressions vis-à-vis des forces de l’ordre lors des premiers rassemblements et par les menaces diffusées sur les réseaux sociaux. Contactée, la préfecture n’a pas souhaité répondre aux questions de RFI.

