Cisjordanie occupée: à Kafr Malik, l’arrivée d’eau sabotée par les colons israéliens
Alors que le monde s’indigne de la situation humanitaire à Gaza, les violences se poursuivent également en Cisjordanie occupée, où un demi-million de colons israéliens illégaux sont installés. L’une des armes employées par certains colons pour chasser les Palestiniens de leurs terres est l’approvisionnement en eau. Ils sabotent les canalisations, les puits ou les stations de distribution d’eau. Ces dernières semaines, les colons ont multiplié les attaques sur la source d’Ein Samiyah, près de Ramallah : pas moins de 18 villages s’approvisionnent à cette source.
Au sommet d’une colline, Jihad Gnimat, conseiller à la municipalité de Kafr Malik, pointe la vallée en contrebas : « C’est l’objet de la discorde ! » Il désigne la station de distribution d’eau. Il y a quelques semaines, des colons l’ont vandalisée. « Ils ont pris le contrôle des ordinateurs qui permettent normalement d’envoyer l’eau vers les villages. Couper l’eau comme ça, c’est un moyen d’assoiffer les gens et de tenter de les déplacer. »
En seulement quelques mois, plusieurs avant-postes de colons israéliens sont apparus sur les collines voisines. « Vous voyez la voiture des colons en bas, ils ont installé une porte qui ferme l’accès à la route, quiconque tente d’y accéder s’expose à une attaque », explique encore Jihad Gnimat.
Impossible d’accéder à l’eau en contrebas. En attendant, la compagnie des eaux achemine des camions citernes.
La région de Kafr Malik compte de nombreuses fermes, très dépendantes des ressources en eau : « Il faut que je donne de l’eau à mes moutons. J’ai besoin de 1 000 litres d’eau chaque jour », indique Adham, berger de 21 ans.
Le coût de l’eau en citernes est bien trop élevé pour lui. « Avant, cela me coûtait 300 shekels par mois, maintenant cela monte à 2 500 shekels. Je songe à vendre certains de mes moutons. » Le jeune homme est très inquiet, sa sécurité financière est en jeu. Mais il l’assure, jamais il ne quittera son village.

