LA CHRONIQUE DE MLD: Le Président, Mimran et les terres de l’autosuffisance. Par Mamadou Lamine DIATTA
Les plus hautes autorités du pays ont donc décidé d’octroyer 1026 hectares supplémentaires à la Compagnie Sucrière Sénégalaise -CSS- dans l’optique d’un Sénégal autosuffisant en sucre à l’horizon 2030. Cette décision a récemment fait l’objet de protestations de la part de quelques populations manipulées par des forces obscures hostiles au développement avec à la clé des éléments de langage cousus de fil blanc.
Il faut savoir que l’activité de la CSS n’a rien à voir avec un quelconque agrobusiness comme certains le laissent croire. Mieux ou pis, ce dossier n’a également rien à voir avec l’affaire Fanaye par exemple. Pour rappel, l’entreprise italo- américaine Senéthanol Senhuile avait été chassée de cette contrée du Fouta au moment où elle avait pourtant de nobles ambitions de créer notamment plus de 5000 emplois.
En outre, le cas CSS n’a absolument rien à voir avec l’affaire Ndingler comme l’a récemment insinué Madiambal Diagne dans une de ses sorties inopinées et orientées.
Il s’agit bel et bien de la CSS, une compagnie 100% sénégalaise dont l’importance stratégique et vitale dans la marche de l’économie n’est plus à démontrer.
Lorsque Jacques Mimran créait la CSS en 1970, il était armé d’une foi inébranlable de semer les graines de l’espoir dans un environnement pourtant difficile pour ne pas dire hostile.
Aujourd’hui, ce mastodonte de l’économie est le premier employeur privé du pays avec pas moins de 8000 agents, 7500 hectares en propre, 12 000 ha irrigués, 1, 45 million de tonnes de canne récoltées annuellement sans oublier une production de 146 000 tonnes de sucre. Sa contribution au PIB, à l’emploi rural, à la création de valeur ajoutée et à l’essor de la fiscalité est incontestable.
Justement c’est parce que les besoins du Sénégal en sucre montent crescendo au jour le jour pour une demande nationale estimée à 240 000 tonnes par le ministère du commerce qu’il faut donc combler ce gap. On n’a pas besoin de sortir de HEC pour savoir que l’entreprise avait forcément besoin de milliers d’hectares de plus pour augmenter sa production et passer à 200 000 voire 220 000 tonnes annuelles. C’est tout le sens du fameux objectif dénommé dans le jargon professionnel « KT200 ».
Alors, quoi de plus normal pour un État soucieux d’atteindre dans les meilleurs délais la souverains alimentaire d’ octroyer des terres supplémentaires à un contributeur de valeurs, de croissance et de progrès collectif ?
Pourquoi tirer à vue sur un fleuron industriel national qui s’affirme depuis plus de 50 ans comme un pilier de la souveraineté économique en ce qu’il offre gratuitement 1,5 millions de mélasse aux populations environnantes ?
Pourtant les rapports entre l’entreprise et les pouvoirs publics n’ont jamais ressemblé à un long fleuve tranquille. Un moment, Jean Claude Mimran était pratiquement en bisbilles avec le régime du Président Macky Sall qui ne lui avait pas accordé des milliers d’hectares de terres supplémentaires. Le magnat français grand contributeur de l’économie sénégalaise a même mangé son pain noir en vendant les Grands moulins de Dakar ( GMD) en 2017. Le groupe américain qui a racheté le Business s’était alors débarrassé de 250 chefs de famille. Des pertes d’emplois massives en porte à faux avec la politique de la CSS. Mimran avait d’ailleurs voulu vendre la CSS lorsqu’il cédait les Grands moulins aux Américains. C’est donc dire qu’il avait quasiment cédé au découragement. L’industrie n’est pas réservée aux enfants de chœur. C’est est un domaine ardu. Il faut être un passionné doté d’une solide carapace pour bénéficier de résultats probants à long terme.
Il est donc évident que la récente visite du Chef de l’État sur ces terres fertiles du Walo était un signal fort envoyé aux investisseurs et acteurs économiques nationaux. De ce point de vue, il faudrait s’en féliciter dans un contexte pesant marqué par la raréfaction des emplois et le délitement de ce tissu industriel rachitique qui a fini de désespérer tous les croisés d’une vitalité économique, gage de productivité et de mieux-être.

