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ORCHESTRA BAOBAB : PORTRAIT: Papino, le benjamin qui embrase la légende !

Natif de Dakar, trentenaire, de teint clair et de taille moyenne, Papino est lune des figures de la nouvelle génération de lOrchestra Baobab. Lune des voix principales du mythique groupe sénégalais, il impose sa présence par son énergie débordante, son aisance scénique et cette complicité naturelle quil entretient avec le public. Dans le sillage des grandes légendes, le benjamin du Baobab trace son chemin, porté par le souffle dun orchestre qui a traversé les décennies. Bon sang ne saurait mentir : fils de Mountaga Koïté, percussionniste et membre fondateur du groupe, Zacharia Koïté, alias Papino, a été bercé dès sa naissance par les sonorités du Baobab.

Dans le paysage musical sénégalais, certains artistes portent en eux une part de mémoire collective. Papino, le benjamin du mythique Orchestra Baobab, appartient à cette génération qui fait dialoguer lhéritage et le renouveau. Au sein de cette formation légendaire, dont les mélodies ont traversé les décennies et les frontières, il incarne une présence qui sinscrit dans la continuité dune aventure musicale exceptionnelle.
Jeune dans lesprit, mais plongé dans un univers façonné par lexpérience des anciens, le chanteur évolue au contact de musiciens qui ont fait danser plusieurs générations, des années 1970 à nos jours. À lombre de ce baobab musical, il apprend, saffirme et trouve progressivement sa place. Son statut de benjamin lui confère une position particulière : celle de lhéritier qui avance aux côtés des gardiens dun patrimoine sonore profondément ancré dans lhistoire du Sénégal.
Dans cet ensemble où se rencontrent les sonorités afro-cubaines, les rythmes sénégalais et les influences venues dailleurs, chaque note raconte une histoire. Fils du percussionniste Mountaga Koïté, il sinscrit dans cette conversation musicale où les guitares dessinent des arabesques, où les percussions battent la mesure et où les voix prolongent la mémoire des nuits dakaroises. LOrchestra Baobab nest pas seulement un groupe. « Cest une école, une famille et un pan vivant de lhistoire musicale africaine », affirme-t-il.
Être le benjamin dune telle institution représente à la fois un privilège et une responsabilité. Il faut se faire une place sans effacer les traces des aînés, apporter sa touche sans dénaturer lidentité du groupe. Cest tout lenjeu de sa présence au sein dune formation dont le nom résonne bien au-delà des frontières sénégalaises.

« Au berceau, on savait que Papino allait devenir un artiste »
À travers Papino, cest aussi la question de la transmission qui se pose. « Cest au berceau quon savait que Papino allait devenir un artiste », confie son père. Comment préserver lâme dun orchestre mythique tout en lui permettant de continuer à respirer au rythme des nouvelles générations ? Le benjamin du Baobab semble se situer au cur de cette passerelle entre mémoire et avenir.
Dans le grand arbre de la musique sénégalaise, Papino représente ainsi une jeune branche appelée à grandir au contact de racines profondes. Très taquin avec ses aînés, il apporte aussi une touche de légèreté à cette famille musicale. Sa présence rappelle que les légendes ne survivent pas seulement grâce à leurs souvenirs, mais aussi grâce à celles et ceux qui poursuivent leur histoire.
Il suffit de le voir monter sur scène pour comprendre que Papino nest pas du genre à rester en retrait. De taille moyenne, le teint clair et lallure décontractée, le trentenaire dégage une énergie qui tranche avec la sérénité légendaire de lOrchestra Baobab. Il a intégré le groupe grâce à feu Ruddy Gomis, auquel il voue une profonde reconnaissance. « Un grand monsieur. Je lui voue un très grand respect. Quil repose en paix », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse de présentation du nouvel album de lorchestre, « Made in Sénégal ».

Là où lhistoire du Baobab convoque les souvenirs
Dès les premières notes de sa voix suave, quelque chose se met en mouvement. Son regard accroche celui des spectateurs, ses gestes accompagnent la musique et sa voix prend possession de lespace. Papino entre dans son élément.
Véritable bête de scène, le jeune chanteur ne se contente pas dinterpréter les morceaux du répertoire. Il les habite, les porte et les partage. Son rapport au public constitue lune de ses marques distinctives. Entre les regards complices, les gestes dinvitation et les échanges qui ponctuent les interprétations, une relation se noue, presque familière. La scène devient alors un espace de communion où les frontières entre lartiste et les spectateurs semblent seffacer. Le public ne se contente plus découter : il participe, répond et se laisse entraîner.
Cette proximité avec les spectateurs donne à linterprète d« Anna Maria » une dimension particulière au sein de lorchestre. Là où lhistoire du Baobab convoque les souvenirs, les grandes heures de la musique sénégalaise et les sonorités qui ont fait danser plusieurs générations, lui apporte la fougue de sa jeunesse. Il est ce visage trentenaire qui rappelle que la légende nest pas figée dans le passé, mais quelle continue de vivre au présent.
Car porter la voix dun groupe aussi emblématique nest pas une mince affaire. LOrchestra Baobab est un monument de la musique sénégalaise, une formation dont le nom évoque immédiatement une aventure musicale singulière, nourrie de rythmes africains et dinfluences afro-cubaines. En devenant lune de ses voix principales, Papino se retrouve au cur dun héritage exigeant : faire vivre une identité sonore reconnue tout en y imprimant sa propre présence. « La musique de lOrchestra Baobab, cest un langage quil faut comprendre dabord avant de le parler », note lartiste.

Papino, la jeunesse au micro sans tourner le dos à lhistoire
Son statut de benjamin lui donne ainsi une place symbolique. Il représente cette jeunesse qui rejoint les anciens, apprend au contact de lexpérience et participe à la transmission dun patrimoine musical. Mais Papino nest pas seulement le jeune membre dune formation historique. Par son tempérament scénique et sa proximité avec le public, il contribue à maintenir le lien entre lorchestre et des spectateurs de tous âges.
Dans cet exercice, son énergie est un atout. Elle insuffle du mouvement, nourrit les échanges et rappelle que la musique du Baobab reste avant tout une musique vivante, faite pour être partagée. Le chanteur semble avoir compris une règle essentielle de la scène : au-delà de la voix, il faut savoir donner, recevoir et créer cet instant particulier où une chanson devient un souvenir commun.
Papino, cest ainsi la jeunesse qui prend le micro sans tourner le dos à lhistoire. Au pied du grand arbre musical dakarois, il apporte sa vitalité, son sens du contact et son feu scénique. Une nouvelle branche qui grandit, nourrie par des racines profondes, avec pour défi de faire résonner encore longtemps la légende du Baobab.

Adama AIDARA