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MENACE DE GRÈVE DE 72 HEURES DANS LA SANTÉ: Ibrahima Sy détaille les engagements de l’État et appelle les syndicats à surseoir

Face au mouvement de grève annoncé par le Front syndical pour la défense du travail (FSDT), le ministre de la Santé et de lHygiène publique mise sur le dialogue. Recrutements, intégration dagents et reclassements figurent parmi les avancées présentées par le Dr Ibrahima Sy. Lextension de lindemnité de logement, évaluée à 8,8 milliards de francs CFA pour 7 365 bénéficiaires, reste cependant en négociation.

Le gouvernement veut éviter une nouvelle paralysie du système sanitaire. Lors de sa rencontre avec la presse, hier, le ministre de la Santé et de lHygiène publique, Dr Ibrahima Sy, est revenu sur les réponses apportées aux revendications des travailleurs, alors que le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) annonce une grève générale de 72 heures. Tout en dressant le bilan des engagements de lÉtat, il a invité les organisations syndicales à poursuivre les discussions pour préserver la continuité des soins.
« Nous mesurons les difficultés que les perturbations des soins occasionnent aux patients et à leur famille », a déclaré le ministre. Une préoccupation quil place au cur de son appel à la concertation, dans un contexte où plusieurs dossiers relatifs aux conditions de travail et à la situation administrative des agents restent sur la table.

2 500 recrutements en cours de finalisation
Sur le volet des ressources humaines, le Dr Ibrahima Sy a rappelé que lÉtat a autorisé le recrutement de 2 500 agents. Selon la répartition annoncée, 80% de ces effectifs seront affectés au personnel médical et de soins, contre 20% aux fonctions de support. Le processus, actuellement en cours de finalisation, devrait être achevé dici à la fin du mois doctobre. Le ministère a également introduit une demande de recrutement de 3 000 agents supplémentaires. Cette requête vient sajouter aux mesures engagées pour renforcer les effectifs dans les structures sanitaires et répondre aux besoins du secteur.
Le ministre a, par ailleurs, fait état de lintégration de 1 111 agents issus de programmes sanitaires, notamment ISMEA et Teranga. Cette opération représente une enveloppe additionnelle de 7 milliards de francs CFA. Il a aussi évoqué le recrutement de 270 sages-femmes avec lappui financier de la Banque mondiale. Concernant la situation administrative des travailleurs, le gouvernement met en avant le reclassement des techniciens supérieurs de santé non-fonctionnaires, devenu effectif après ladoption du décret correspondant. Daprès les chiffres présentés par le ministre, 878 demandes ont déjà été traitées.

Lindemnité de logement reste au cur des discussions
Malgré ces avancées annoncées, lextension de lindemnité de logement demeure le principal dossier financier en négociation. La mesure concerne 7 365 agents, notamment des contractuels du ministère de la Santé et des établissements publics de santé (EPS), pour un coût estimé à 8,8 milliards de francs CFA.
Le dossier est actuellement à létude à la Direction générale du Budget. Les discussions portent sur les modalités dune prise en charge progressive, tenant compte des capacités financières de lÉtat. Ce point reste donc à régler dans les échanges entre le gouvernement et les représentants des travailleurs.

Près de 90 rencontres avec les partenaires sociaux
Pour illustrer les efforts de concertation, le Dr Ibrahima Sy a indiqué que près de 90 rencontres ont été organisées avec les partenaires sociaux au cours des deux dernières années. Un projet de protocole daccord est également en cours de finalisation avec plusieurs organisations syndicales. Une autre rencontre est prévue sous légide du ministère de la Fonction publique afin de poursuivre lexamen des revendications.
Dans cette attente, le ministre exhorte les syndicats à renoncer au mouvement annoncé. « Nous appelons les partenaires sociaux à poursuivre le dialogue, à préserver laccès des populations aux soins et à lever leur mot dordre de grève », a-t-il lancé.
Alors que les négociations se poursuivent, le gouvernement cherche à éviter une aggravation des perturbations dans les structures sanitaires. Le Dr Ibrahima Sy a ainsi assuré que le maintien des soins durgence sur lensemble du territoire demeure une priorité.

Mariem DIA