PACTE DE STABILITÉ SOCIALE: Justice, un dernier verrou malgré un accord exécuté à près de 90%
Le protocole daccord signé le 7 août 2025 entre lÉtat et les syndicats des travailleurs de la justice a été exécuté à près de 90%, selon le Garde des sceaux, Me Moussa Sarr. Formation de 546 agents, régularisation des avancements et centralisation des dossiers figurent parmi les acquis. Les modalités du reclassement restent toutefois le principal point de désaccord.
Le gouvernement et les syndicats des travailleurs de la justice se rapprochent dune application intégrale de leur protocole daccord. Lors du point de presse du gouvernement organisé ce lundi au Building administratif Mamadou Dia, à Dakar, le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a assuré que « quasiment 90% des points du protocole signé ont été exécutés ». Un seul dossier reste à dénouer avec le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) et lUnion nationale des travailleurs de la justice (UNTJ), celui des modalités du reclassement.
Parmi les principales avancées, le Garde des sceaux a mis en avant la formation des 546 agents concernés au Centre de formation judiciaire (CFJ). Organisée de décembre 2025 à mai 2026, cette session de six mois sest achevée par des évaluations. « Tous les participants ont pris part aux évaluations et obtenu leur diplôme. Les attestations ont également été signées », a-t-il précisé.
« Les conditions de travail et de vie de mes collaborateurs minterpellent au premier chef »
Pour assurer le suivi des engagements, plusieurs rencontres ont réuni les parties, notamment les 12 juin et 23 juillet 2026 au ministère du Travail. Me Moussa Sarr, nommé le 1er juin à la tête du département de la Justice, affirme sêtre personnellement investi pour faciliter les échanges. « Toutes les questions liées aux conditions de travail et de vie de mes collaborateurs minterpellent au premier chef », a-t-il déclaré, ajoutant sêtre « à la limite, comporté comme un avocat pour défendre leur situation ».
Ces discussions ont notamment débouché sur lacceptation dun guichet unique destiné à centraliser les dossiers de reclassement. Lobjectif est déviter les démarches individuelles et daccélérer les procédures. « Il a été convenu de regrouper tous les dossiers afin de procéder à un reclassement global et de gagner du temps », a expliqué le ministre.
Autre acquis souligné, la régularisation des avancements des agents concernés jusquen 2026. « LÉtat, par le biais du ministère du Travail, a ainsi accepté de régulariser leur avancement jusquen 2026 », a indiqué Me Moussa Sarr, qui y voit une « concession majeure ». Selon lui, les simulations réalisées font également apparaître une hausse significative des rémunérations après reclassement, dont la plus faible atteindrait 200 000 FCFA.
Des rémunérations après reclassement de 200 000F
Le désaccord porte désormais sur les conditions de ce reclassement. Le ministère du Travail propose de retenir « lindice égal ou immédiatement supérieur », conformément, selon lui, à la loi et à la pratique administrative. Les syndicats demandent, pour leur part, que les agents soient reclassés « tout en conservant leur grade ».
Daprès le Garde des sceaux, le ministère du Travail estime que cette option ne disposerait pas de fondement légal et « créerait un précédent susceptible damener dautres fonctionnaires à formuler la même demande ». La conservation du grade demeure ainsi le dernier obstacle à la finalisation du protocole. Me Moussa Sarr assure néanmoins que les discussions se poursuivent dans un climat serein. « Le dialogue a été permanent puisque, entre juin et aujourdhui, nous nous sommes rencontrés à trois reprises. Je reçois également les syndicats chaque fois que cela est nécessaire », a-t-il souligné.
Saluant « le climat apaisé qui prévaut dans le milieu judiciaire », où les travailleurs nont pas engagé de grève, le ministre sest montré confiant quant à une issue prochaine. « Nous pensons que, dans les semaines à venir, nous parviendrons à dépasser ce point dachoppement et à achever définitivement lexécution intégrale du protocole daccord », a-t-il conclu.
Mariem DIA

