RENTRÉE SCOLAIRE À KEUR MBAYE FALL ET AUX PARCELLES ASSAINIES: Des écoles ouvrent leurs portes au milieu des eaux et des ordures
Cours envahies par des eaux noirâtres, salles poussiéreuses, toiles d’araignées et déchets accumulés… Les constats recueillis ce lundi 12 octobre dans plusieurs établissements de Keur Mbaye Fall et des Parcelles Assainies révèlent une rentrée compromise par les inondations et le défaut d’entretien. Malgré le report de cinq jours destiné à remettre les écoles en état, les conditions d’accueil restent préoccupantes dans les établissements visités.
Le calendrier annonce la rentrée. Sur le terrain, certaines écoles attendent encore de pouvoir accueillir leurs élèves dans des conditions convenables. À Keur Mbaye Fall, dans la commune de Mbao, comme aux Parcelles Assainies de Dakar, les traces des pluies restent visibles. À l’eau stagnante s’ajoutent, par endroits, des salles non nettoyées et des cours encombrées de déchets.
Ces constats interviennent alors que la rentrée scolaire, initialement prévue le 7 octobre, avait été repoussée au lundi 12 octobre. Le ministère de l’Éducation nationale avait justifié ce délai par la nécessité de protéger les élèves et de poursuivre le nettoyage, l’assainissement et la remise en état des établissements touchés dans les inondations. Dans les écoles concernées par notre état des lieux, ce répit n’a manifestement pas suffi.
À Keur Mbaye Fall, des flaques noirâtres et des herbes dans la cour
À l’école élémentaire Keur Mbaye 2, des flaques d’eau de pluie noirâtre occupent encore la cour. Dans une partie de l’établissement, les herbes sont toujours présentes, signe que le désherbage reste à achever. L’état des lieux décrit ne permet pas un accueil normal des enfants ce lundi.
Au collège de Mbao, le constat est similaire. De l’eau demeure dans la cour et les salles de classe ne sont pas encore prêtes à recevoir les élèves. La reprise se heurte ainsi à une difficulté immédiate : disposer de locaux accessibles et suffisamment propres pour commencer les enseignements.
À PA 18, une rentrée au milieu des eaux stagnantes
Aux Parcelles Assainies, l’école PA 18, située à l’unité 18, offre un tableau particulièrement préoccupant. Une eau noirâtre, issue des pluies stagnantes, recouvre une partie de la cour. Les salles, non nettoyées comme nous l’avons constaté dans la matinée de ce lundi, restent difficilement utilisables.
Quelques parents venus procéder aux inscriptions et des membres du personnel enseignant tentent de se frayer des passages entre les zones encombrées et les flaques. Dans cet environnement, les démarches administratives prennent le pas sur une véritable reprise des apprentissages.
Une partie de l’établissement accueille également, comme noté sur place, des enfants d’un daara évacué parce que son bâtiment menaçait ruine. Présents depuis plusieurs semaines, ils se retrouvent eux aussi dans un cadre dégradé. Cette occupation temporaire pose la question de leur relogement et de la disponibilité des espaces scolaires.
À PA 13, poussière, toiles d’araignées et déchets
À l’école PA 13, le décor est presque identique. La poussière et les toiles d’araignées occupent les salles de classe, tandis que des ordures encombrent la cour. Des enseignants désabusés et de rares parents venus inscrire leurs enfants composent l’essentiel de la présence signalée dans l’établissement en ce jour de rentrée.
Ici, les difficultés ne se limitent donc pas aux conséquences des pluies. Elles concernent aussi les travaux ordinaires de préparation : balayage, enlèvement des déchets, dépoussiérage, désherbage et nettoyage des locaux. Autant d’opérations indispensables avant l’arrivée des élèves que les mairies n’ont pas effectués.
La préparation municipale mise en cause
Les informations recueillies aux Parcelles Assainies mettent en cause l’absence d’intervention de la mairie dans les établissements scolaires. On note en effet un défaut de nettoyage préalable, contrairement aux opérations réalisées les années précédentes.
Ces observations de terrain appellent des explications sur les moyens mobilisés, les écoles prises en charge et le calendrier des interventions des autorités municipales.
Le ministre reconnaît des reprises différées
À l’échelle nationale, Moustapha Guirassy a présenté ce lundi la rentrée comme globalement effective. Lors de sa tournée dans la capitale et sa banlieue, le ministre a également reconnu que certaines écoles nécessiteraient quelques jours supplémentaires, notamment lorsque les eaux présentes se mêlent aux eaux usées. Les responsables scolaires ont reçu des instructions pour adapter la reprise à la situation de chaque établissement et protéger les élèves.
Du reste, la persistance des difficultés avait déjà suscité des réserves, Ainsi, la Fédération nationale des associations de parents d’élèves et étudiants du Sénégal avait demandé un report au 19 octobre, invoquant les établissements encore inondés et les prévisions de nouvelles pluies.
À Mbao et aux Parcelles Assainies, l’urgence demeure concrète : évacuer les eaux, enlever les déchets, nettoyer les salles et vérifier les conditions d’accueil pour rendre les écoles salubres. Pour les établissements encore impraticables, la rentrée effective dépend désormais de ces interventions. Et il est à craindre que la rentrée ne se fera pas de manière effective de sitôt. Comme quoi, cette année encore, le concept « Obi tey, Jang tey », demeurera un slogan creux.
Adama AIDARA &
Aïssatou Mbène COULIBALY

