DÉFICIT DE PERSONNEL ENSEIGNANT DANS LE MONDE: L’Unesco annonce un besoin de 50 millions d’enseignants supplémentaires d’ici 2030
Cinquante millions d’enseignants supplémentaires seront nécessaires à l’échelle mondiale d’ici 2030. C’est ce qu’a indiqué l’Unesco à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre. L’organisation appelle à renforcer le recrutement, à fidéliser les enseignants expérimentés et à améliorer les conditions d’exercice de la profession.
Le monde aura besoin de plusieurs dizaines de millions d’enseignants supplémentaires au cours des quatre prochaines années. Dans un message conjoint publié à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, les responsables de l’Unesco, de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et de l’Unicef ont souligné l’ampleur des besoins : 50 millions d’enseignants supplémentaires seront nécessaires d’ici 2030, dont 44 millions pour parvenir à l’enseignement primaire et secondaire universel et 6 millions pour l’enseignement préprimaire.
Pour les signataires, le recrutement de nouveaux enseignants est tout aussi indispensable que le maintien dans la profession des personnels expérimentés. Ils plaident également pour des parcours professionnels motivants, épanouissants et durables, notamment en permettant aux enseignantes d’accéder à des postes à responsabilités.
Améliorer les conditions de travail
Placée cette année sous le thème « Aux côtés des enseignants : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs », la Journée mondiale des enseignants a été l’occasion de rappeler la nécessité de mieux protéger les personnels éducatifs. Selon les auteurs du message, reconnaître l’importance de la profession ne suffit pas. Des mesures concrètes doivent être prises pour renforcer l’estime dont bénéficient les enseignants et le soutien qui leur est apporté dans leur travail.
Cette reconnaissance doit se traduire par les ressources allouées aux établissements scolaires et aux enseignants, par la qualité des conditions de travail et par la confiance accordée à leur jugement professionnel. Les gouvernements assument, à cet égard, une responsabilité majeure. Ils sont appelés à collaborer avec les employeurs, les organisations d’enseignants, les établissements de formation, les communautés et les partenaires internationaux. Les signataires rappellent que le 60e anniversaire de la Recommandation OIT-Unesco concernant la condition du personnel enseignant, adoptée en 1966, constitue une occasion de renouveler cet engagement.
Accompagner les transformations de l’éducation
Les enseignants exercent aujourd’hui dans un monde marqué par des évolutions technologiques rapides, notamment le développement de l’intelligence artificielle. À ces transformations s’ajoutent le changement climatique, les conflits, les déplacements de populations, les inégalités persistantes et la diversification des environnements d’apprentissage. Dans ce contexte, leur mission dépasse la transmission des connaissances et des compétences. Ils doivent également favoriser l’esprit critique, l’inclusion, la résilience, l’apprentissage tout au long de la vie et la citoyenneté responsable.
Alors que les attentes à leur égard ne cessent de croître, les enseignants doivent disposer des moyens nécessaires pour accompagner la transformation de l’éducation. Il s’agit de leur permettre de s’adapter au changement, mais aussi de contribuer à façonner les futurs de l’éducation, soulignent les signataires du message : le Pr Khaled El-Enany, directeur général de l’Unesco, Gilbert F. Houngbo, directeur général de l’OIT, et Catherine Russell, directrice exécutive de l’Unicef.
Mamadou Lamine CAMARA

