Senegal – Dialogue ou prenez vos responsabilités !
Au sens de « De l’esprit des lois » de Montesquieu, la démocratie repose sur la séparation des pouvoirs et c’est le cas du Sénégal. Cette séparation des pouvoirs ne signifie pas absence de dialogue. Qui, à son tour, n’exclut pas que chacun des pouvoirs puisse exercer les prérogatives que lui confère la Constitution.
Partant de ces principes, les choses devraient être simples. Mais non !
Le PR tient le sabre de la dissolution de l’Assemblée nationale mais il ne peut éventuellement en user qu’à partir 2 décembre 2026, d’où ses saisines répétées du Conseil constitutionnel. Le risque est toutefois de voir à la longue le pouvoir judiciaire, symbolisé ici par la juridiction constitutionnelle, se mettre à arbitrer un conflit de moins en moins institutionnel que politique, voire partisan.
Le PAN, de son côté, détient l’arme de la censure du gouvernement et peut, à la différence du premier, l’utiliser illico presto. Le constat est qu’il ne le fait pas alors qu’il suffit qu’il le veuille pour que sa majorité parlementaire s’exécute.
Entre un pouvoir législatif qui veut empêcher de gouverner en rond avec sa batterie de propositions de loi et un pouvoir exécutif qui « bloque », nous assistons à une guerre des tranchées qui paralyse le pays. Au regard des positions inconciliables, il faudra bien pourtant que l’un ou l’autre prenne ses responsabilités. Prenez-les !
Mamoudou Ibra KANE

